La question des pratiques commerciales de Temu en Suisse a été soulevée après des plaintes déposées par des associations de consommateurs et de commerçants suisses. Ces plaintes concernaient principalement des pratiques jugées trompeuses et déloyales, liées aux prix, à la présentation des produits et aux techniques marketing.
Face à ces accusations, le Seco a pris l’initiative de convoquer une délégation de Temu en septembre dernier. L’objectif était de sensibiliser l’entreprise aux exigences du droit suisse de la concurrence déloyale, un domaine particulièrement scruté par les autorités helvétiques.
Les principales modifications décidées par Temu
Suite aux discussions avec le Seco, Temu a accepté de mettre en place plusieurs changements importants sur sa plateforme. Tout d’abord, l’entreprise a consenti à ajuster la manière dont elle présente ses promotions.
Désormais, pour toute offre de réduction, le prix de référence barré devra correspondre au prix du produit tel qu’il était avant la baisse. Ce détail vise à garantir une transparence totale pour les consommateurs, en leur permettant de mieux comprendre l’ampleur réelle des réductions, rapporte Watson.
Autre ajustement notoire, l’affichage des informations concernant les vendeurs. Temu doit désormais afficher le nom, l’adresse et l’adresse e-mail des commerçants présents sur sa plateforme. Cela permettra d’améliorer la transparence des transactions et de renforcer la confiance des consommateurs dans les offres proposées.
Un autre changement majeur concerne le jeu « tourne la roue », une mécanique de promotion qui permettait d’offrir des avantages aux utilisateurs, mais qui a été abandonnée. Cette pratique était souvent perçue comme une forme de pression pour inciter à l’achat immédiat.
Des pratiques marketing révisées pour moins de pression sur les consommateurs
Les messages pressants qui étaient fréquents sur la plateforme de Temu ont également été réduits. Des mentions comme « Dépêchez-vous ! Plus de X personnes ont ajouté cet article à leur panier » ou « Offre éclair » sont désormais moins utilisées.
De même, les messages dans les e-mails marketing, tels que « Nous avons le regret de vous informer » ou « Vous devez agir, sinon votre article préféré sera épuisé », ont été supprimés. Ces changements visent à limiter la pression émotionnelle et temporelle exercée sur les consommateurs, une approche souvent dénoncée par les critiques de Temu.
La mention « presque épuisé », qui apparaissait fréquemment sur la plateforme, a aussi été encadrée de manière plus stricte. Elle ne pourra désormais être utilisée que lorsque le stock restant d’un produit est compris entre 20 et 99 unités.
Cette mesure vise à éviter la création d’un faux sentiment de rareté lorsque les produits sont encore largement disponibles. Un système de contrôle interne a été mis en place pour s’assurer que cette règle soit respectée.
Un compromis gagnant pour Temu et le Seco
Cet accord marque un tournant pour Temu, qui jusque-là s’était montré discret sur ses pratiques commerciales en Suisse. Un porte-parole de la société a exprimé sa satisfaction concernant l’accord, soulignant l’importance de la coopération avec les autorités suisses et l’engagement de l’entreprise à maintenir des normes strictes en matière de protection des consommateurs.
En échange de ces ajustements, le Seco a renoncé à toute action en justice contre Temu, représentée par sa branche européenne, Whaleco, basée en Irlande. Toutefois, les autorités suisses ont précisé que toute nouvelle plainte concernant les pratiques commerciales de la plateforme pourrait entraîner une nouvelle intervention de l’État.








