La Suisse renonce à l’élargissement du travail dominical dans les zones touristiques

Le Conseil fédéral abandonne son projet d’assouplissement du travail dominical dans les villes touristiques, faute de consensus. Zurich tente néanmoins de relancer le débat au Parlement.

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La Suisse renonce à l’élargissement du travail dominical dans les zones touristiques | Econostrum.info - Suisse

L’extension du travail dominical dans certaines zones urbaines à forte affluence touristique devait permettre aux commerces de s’adapter aux besoins du tourisme international. Selon blue News, la réforme aurait concerné des commerces situés dans des villes de plus de 60 000 habitants, à condition que les nuitées des visiteurs étrangers représentent au moins 50 % du total. Genève, Zurich, Lausanne, Lucerne, Berne, Bâle et Lugano remplissaient ces critères. L’objectif était de permettre une plus grande flexibilité pour les magasins dont l’essentiel du chiffre d’affaires provient de clients étrangers.

Mais le projet n’a pas su convaincre. D’après la même source, les organisations économiques et patronales ont critiqué un texte jugé trop limité, tandis que les syndicats se sont opposés à tout assouplissement, dénonçant une dérégulation aux dépens des travailleurs. Le Conseil fédéral a ainsi décidé d’y renoncer, faute de soutien suffisant des cantons et des partis politiques. Unia, principal syndicat du commerce de détail, a salué cette décision, qualifiant cette tentative d’attaque contre les conditions de travail.

Les conséquences pour les travailleurs en question

Pour Unia, l’ouverture accrue des commerces le dimanche aurait détérioré les conditions de travail des salariés du commerce, mais aussi de secteurs connexes comme la logistique, la livraison, le nettoyage et la sécurité. Selon l’organisation, la multiplication des dimanches travaillés aurait augmenté la pression sur des employés déjà soumis à des salaires bas et à un manque de personnel.

L’Alliance pour le dimanche, qui regroupe syndicats, médecins du travail et organisations religieuses, a mis en garde contre les effets du travail dominical sur la santé. Unia a rappelé que le déséquilibre entre vie professionnelle et privée accroît le risque d’isolement et de maladies. La proposition du canton de Zurich d’augmenter à douze le nombre de dimanches ouvrés par an sans autorisation a particulièrement inquiété les syndicats, qui y voient une banalisation du travail dominical et une détérioration massive des conditions de travail.

Un débat relancé par le Parlement

Si le Conseil fédéral a mis un terme à cette réforme, le sujet n’est pas clos pour autant. blue News rapporte que les commissions de l’économie et des redevances des deux Chambres fédérales ont récemment soutenu une initiative visant à porter à douze le nombre de dimanches pendant lesquels les magasins pourraient ouvrir sans autorisation. Ce projet, porté par le canton de Zurich, pourrait rouvrir les discussions et répondre aux attentes des milieux économiques et des cantons favorables à une évolution de la loi.

Dans ce contexte, Unia a réaffirmé sa volonté de combattre toute tentative de banalisation du travail du dimanche. Comme l’indique 20 Minutes, le syndicat a demandé au Parlement de rejeter l’initiative zurichoise et de renforcer la protection des travailleurs. Pour l’heure, la législation reste inchangée, mais la pression de certains acteurs pourrait remettre la question à l’ordre du jour dans les mois à venir.

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