Les 10 % les plus riches responsables de 66 % du réchauffement climatique

Les 10 % les plus riches du monde sont responsables de 66 % du réchauffement climatique depuis 1990, selon une étude de l’Université de Zurich.

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Femme d'affaires et homme d'affaires marchant vers un jet privé
Les 10 % les plus riches responsables de 66 % du réchauffement climatique - © Sutterstock

Une étude récente publiée dans Nature Climate Change par des chercheurs de l’Université de Zurich révèle que les plus riches de la planète contribuent de manière disproportionnée au réchauffement climatique, rapporte 20 Minutes. L’étude examine l’empreinte carbone des individus les plus fortunés, en soulignant l’importance de prendre en compte leurs investissements financiers, en plus de leur mode de vie, dans la lutte contre la crise climatique.

Ce travail de recherche repose sur des simulations climatiques et des données économiques combinées, et il établit une corrélation entre les émissions des plus riches et l’intensification des phénomènes climatiques extrêmes.

Les émissions des plus riches : un impact démesuré

L’étude de l’Université de Zurich démontre que 10 % des individus les plus riches sont responsables de 66 % des émissions de gaz à effet de serre depuis 1990, ce qui explique une grande part du réchauffement climatique observé ces dernières décennies.

Selon les chercheurs, les émissions des plus fortunés sont directement liées à des événements climatiques extrêmes, tels que les vagues de chaleur et les sécheresses. Ces phénomènes sont multipliés par deux ou trois dans les pays comme la Chine et les États-Unis, qui représentent à eux seuls près de la moitié de la pollution mondiale liée au carbone.

La recherche a également révélé que les personnes appartenant au 1 % des plus riches ont contribué 26 fois plus aux vagues de chaleur centennales et 17 fois plus aux sécheresses en Amazonie par rapport à la moyenne mondiale, des données clés qui illustrent la responsabilité démesurée de cette classe sociale dans l’aggravation du réchauffement climatique.

Une approche plus globale pour la justice climatique

L’une des conclusions les plus importantes de cette étude est la nécessité de repenser les mécanismes fiscaux pour répondre aux impacts disproportionnés des plus riches.

Les chercheurs suggèrent que la taxation des investissements et des actifs des plus fortunés pourrait représenter un levier puissant pour réduire les émissions mondiales de gaz à effet de serre.

L’un des auteurs de l’étude, Carl-Friedrich Schleussner, a souligné que les taxes carbone appliquées à l’ensemble de la population ne sont pas équitables, car elles frappent souvent les plus vulnérables.

Par contre, une fiscalité ciblée sur les plus riches pourrait mieux refléter leur responsabilité dans l’aggravation de la crise climatique. Une telle approche aurait des avantages considérables, notamment en renforçant la justice sociale tout en réduisant les émissions globales.

Les obstacles à une réforme fiscale efficace

Malgré ces recommandations, les réformes fiscales globales peinent à se concrétiser. L’exemple de la taxe sur le patrimoine des plus riches, défendue par le Brésil en 2024, montre que les initiatives restent largement sans suite.

Même si les dirigeants du G20 avaient exprimé leur volonté de « coopérer pour garantir une imposition efficace des personnes fortunées », les discussions sur la mise en œuvre d’une fiscalité climatique mondiale stagnent. Le contexte politique, notamment avec l’élection de Donald Trump à la Maison-Blanche, a mis un frein à la coopération internationale sur cette question cruciale.

Comme l’indique Sarah Schöngart, principale autrice de l’étude de l’Université de Zurich, le lien direct entre l’empreinte carbone des plus riches et les événements climatiques extrêmes appelle à une réflexion plus poussée sur les mécanismes de responsabilité et la redistribution des efforts climatiques.

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