Bien que son interdiction date de 2013, le Sniper, un insecticide dangereux utilisé pour lutter contre les punaises de lit, demeure une pratique courante en France. L’Agence régionale de santé (ARS) vient de lancer une alerte, soulignant l’ampleur que prend l’usage de cette substance qui est la cause d’un nombre important d’intoxications en France.
Le Sniper contient du dichlorvos, un composant très dangereux interdit en France ainsi qu’au sein de l’Union européenne, responsable de la pollution des milieux aquatiques, de problèmes respiratoires et neurologiques, ainsi que d’allergies cutanées.
« C’est un produit, potentiellement mortel, qui provoque des insuffisances respiratoires, comme des nausées, des vertiges. Il est particulièrement toxique chez les populations fragiles, comme les personnes âgées et les enfants. », détaille la responsable de la Direction départementale de la protection des populations du Val-d’Oise (DDPP), Marguerite Lafanechère.
Selon l’ARS, le nombre de cas d’intoxication dus à cet insecticide a grimpé en 2025, atteignant un total de 15 depuis le début de l’année, dont 11 uniquement pour le mois de juillet. En 2024, le nombre d’alertes était de 5 seulement. On constate également que le nombre de passages aux urgences à cause de ce produit a atteint 21, contre 11 l’année précédente.
Le Sniper continue d’être vendu sur le marché malgré l’interdiction
La cause de cette hausse des intoxications causées par le Sniper est l’engouement des Français pour ce produit. Malgré sa toxicité avérée, il s’agit du produit préféré des citoyens pour éradiquer les punaises de lit, en raison de sa haute efficacité. « Ce n’est pas cher, et c’est efficace. Pour 10 euros, vous posez le flacon et ça suffit à éliminer les punaises de lit ou les cafards, alors que faire venir une société d’extermination coûte plusieurs centaines d’euros », explique la DDPP 95, rapporte le Parisien.
L’institution déclare avoir saisi 103 unités de Sniper et 600 Green Leaf, un insecticide pour éradiquer les cafards qui contient aussi du dichlorvos. « C’est sur le marché de Sarcelles qu’on a fait nos plus grosses saisies », assure Marguerite Lafanechère. Toutefois, ces insecticides se vendent également sur de nombreux autres marchés franciliens.
De plus, il est possible d’en commander en ligne, parfois même à des prix très attractifs, entre 5 et 10 euros. Les mesures prises par les autorités demeurent insuffisantes pour stopper définitivement l’usage de cet insecticide. Les citoyens sont alors priés de chercher une alternative plus saine et qui comporte moins de risques pour la santé et l’environnement.








