Le ministre des Transports, Philippe Tabarot, a annoncé le retour de sa proposition de loi sur la sécurité dans les transports. Ce texte, déjà voté par le Sénat, vise à renforcer les dispositifs de vidéosurveillance, étendre les sanctions pour récidive et mieux encadrer les espaces publics sensibles.
Dans un contexte marqué par une série d’agressions dans les transports publics, le ministre des Transports Philippe Tabarot insiste sur l’urgence d’agir. Lors d’un entretien avec le Journal du Dimanche, il a rappelé que cette proposition de loi, qu’il avait portée en tant que sénateur, sera examinée par l’Assemblée nationale dès la clôture des débats budgétaires. Pour le ministre, les chiffres parlent d’eux-mêmes : 120 000 vols par an dans les transports et 87 % des femmes victimes de harcèlement sexuel ou sexiste.
Des mesures concrètes pour renforcer la sécurité dans les transports
Le texte prévoit plusieurs dispositions pour répondre à ces enjeux. Parmi elles, la généralisation des caméras mobiles pour les agents, un outil déjà utilisé pour désamorcer les tensions sur le terrain. En outre, le projet propose d’élargir les prérogatives des agents de sûreté ferroviaire, leur permettant d’intervenir plus efficacement dans des situations délicates.
Autre mesure phare, l’instauration d’un délit d’habitude, visant à sanctionner plus sévèrement les récidivistes. Concrètement, une personne commettant la même infraction pour la cinquième fois – uriner dans le métro, par exemple – pourrait faire l’objet de peines plus lourdes. Cette disposition entend dissuader les comportements répétitifs qui perturbent le bon fonctionnement des transports publics.
Une régulation des espaces sensibles
La proposition de loi introduit également un mécanisme d’interdiction d’entrée en gare pour certains individus. Cette mesure vise particulièrement les pickpockets connus des forces de l’ordre, qui opèrent régulièrement dans les grandes gares et trains à forte affluence. L’objectif est de limiter les comportements délictueux dans ces lieux sensibles, tout en améliorant le sentiment de sécurité des usagers.
Pour Philippe Tabarot, cette réforme est essentielle pour répondre aux attentes des citoyens et des professionnels des transports, a-t-il indiqué lors de son entretien avec le Journal du Dimanche. En augmentant la présence sécuritaire et en durcissant les sanctions, le ministre espère non seulement réduire les infractions, mais aussi rétablir la confiance des usagers dans les transports publics.
Toutefois, cette proposition de loi soulève également des questions, notamment sur l’équilibre entre sécurité renforcée et respect des libertés individuelles. Alors que le débat s’annonce vif à l’Assemblée, les enjeux autour de la sécurité dans les transports restent une priorité pour les autorités.