Sécurité sociale : les plus aisés vont-ils payer plus pour leurs soins ?

La Cour des Comptes propose de rembourser les soins en fonction des revenus, une solution pour réduire le déficit de la Sécurité sociale qui pourrait créer des divisions en France.

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Une consultation médicale pour symboliser la réforme de la sécurité sociale
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La question de la réforme du système de santé et de la manière de combler le déficit de la Sécurité sociale reste un sujet majeur en France. Le 14 avril 2025, la Cour des Comptes a présenté un rapport suggérant plusieurs pistes pour réduire le déficit, dont une réduction des remboursements pour les plus aisés. Cette proposition, qui s’inspire du modèle allemand, suscite des réactions mitigées et pourrait être un sujet de débat public dans les mois à venir.

Dans son rapport, la Cour des Comptes a suggéré d’introduire un modèle de remboursement des soins basé sur les revenus des Français. L’idée serait que les plus riches participent davantage au financement des soins, tandis que les plus modestes bénéficieraient de remboursements plus généreux. Ce modèle est déjà utilisé en Allemagne, où la prise en charge des soins médicaux est ajustée en fonction des capacités financières des assurés. L’objectif derrière cette mesure serait de faire des économies substantielles sur les dépenses de l’Assurance maladie, qui ont atteint un déficit de 15,3 milliards d’euros en 2024, un chiffre préoccupant pour les finances publiques.

La France, championne de la consommation de médicaments avec une moyenne de 41 boîtes par an par personne, est vue comme un pays où les dépenses de santé sont particulièrement élevées. La Cour des Comptes propose que ce modèle de « remboursement proportionnel aux revenus » permette de limiter ces coûts. Selon cette proposition, les Français dont les revenus sont les plus élevés devraient contribuer davantage à financer les soins qu’ils reçoivent.

Une mesure qui divise l’opinion publique

Cette proposition pourrait rencontrer une forte opposition en France. Les Français les plus aisés pourraient la percevoir comme injuste et une pénalisation de leur réussite, comme le suggère une réaction d’une consommatrice interrogée par BFMTV : « Les gens qui gagnent plus, c’est qu’ils le méritent. Pourquoi les pénaliser ? ». Ce type de réaction traduit une résistance potentielle à l’idée de voir les plus riches moins remboursés.

D’autres, en revanche, estiment que cette mesure serait juste et équitable, car elle mettrait en place une contribution en fonction de la capacité financière. L’idée de faire contribuer davantage les plus aisés est plus populaire en Allemagne, où ce modèle existe depuis longtemps. Cependant, il semble plus clivant en France, où le système de santé a toujours reposé sur des principes d’égalité et de solidarité, quel que soit le revenu.

Les propositions alternatives pour le financement de la Sécurité sociale

Outre cette proposition de réforme, la Cour des Comptes a également recommandé d’autres pistes pour réduire les dépenses de l’Assurance maladie. L’une des solutions suggérées consiste à lutter plus efficacement contre la fraude qui représenterait des coûts considérables pour l’État. L’organisme suggère aussi d’imposer des contributions supplémentaires aux complémentaires santé, afin de partager la charge financière des dépenses de santé entre l’État, les entreprises et les assurés.

Il a également été question d’une réforme des systèmes de santé préventifs, dans le but de mieux gérer les risques de maladies chroniques, très coûteuses pour la collectivité. Cependant, aucune de ces solutions ne semble aussi rapide et radicale que l’idée de l’ajustement des remboursements en fonction des revenus.

Les défis à relever

L’une des grandes difficultés de cette réforme réside dans sa mise en œuvre pratique. En effet, les inégalités de traitement pourraient surgir, avec des risques de division entre les citoyens en fonction de leur situation financière. De plus, ce type de réforme nécessiterait des ajustements complexes du système de santé et pourrait mener à un clivage social si les plus modestes avaient l’impression de ne pas être suffisamment protégés.

Il serait également essentiel d’évaluer si cette mesure permettrait réellement de réduire le déficit de la Sécurité sociale, ou si elle risquerait de détériorer l’accès aux soins pour certaines catégories de la population. Le modèle allemand a montré qu’il pouvait avoir des effets positifs, mais dans un contexte économique et social différent de celui de la France.

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