Secteur privé en crise : la baisse de l’activité en France atteint un nouveau creux en avril

Le secteur privé continue de souffrir, l’activité recule encore en avril, pesant ainsi sur le marché de l’emploi.

Publié le
Lecture : 2 min
activité économique
Secteur privé en crise : la baisse de l'activité en France atteint un nouveau creux en avril. Crédit : Canva | Econostrum.info

L’activité du secteur privé en France a de nouveau diminué en avril 2025, marquant un huitième mois consécutif de recul. Les derniers chiffres révèlent une situation économique difficile, avec une baisse notable de la demande et des perspectives peu optimistes pour les mois à venir.

En avril 2025, l’activité du secteur privé en France a poursuivi sa contraction, selon les dernières données publiées par S&P Global et la Hamburg Commercial Bank (HCOB). L’indice PMI Flash composite, qui évalue l’évolution conjointe du secteur des services et de l’industrie, est tombé à 47,3, contre 48,0 en mars. Il s’agit de la huitième baisse mensuelle consécutive, et d’un plus bas niveau depuis deux mois.

Une forte baisse des nouvelles affaires et un affaiblissement de la demande intérieure

Ce recul s’explique principalement par une forte baisse des nouvelles affaires, couplée à un affaiblissement marqué de la demande intérieure. Le marché français enregistre ainsi une diminution continue des ventes, particulièrement visible dans les services, dont l’indice a chuté à 46,8 (contre 47,9 en mars). La situation contraste avec la légère embellie observée dans la production manufacturière, qui franchit pour la première fois depuis mai 2022 la barre des 50, avec un score de 50,3, signe d’une timide expansion.

Malgré ce point positif, les perspectives à moyen terme restent très sombres. Le pessimisme des entreprises françaises vis-à-vis de l’évolution de leur activité à douze mois atteint un niveau inédit depuis près de cinq ans. L’indice global de l’industrie manufacturière, qui reste à 48,2, continue par ailleurs de témoigner d’un climat économique fragile.

Impact du recul de l’activité sur l’emploi

Le marché de l’emploi, quant à lui, n’est pas épargné. La baisse des effectifs, bien que qualifiée de « modeste », s’est accentuée par rapport au mois précédent. L’instabilité économique et la prudence des entreprises freinent toute reprise nette de l’embauche. Selon Jonas Feldhusen, économiste à la HCOB, la dégradation du climat économique français s’inscrit dans un contexte de fortes incertitudes liées au commerce mondial et aux tensions sur les droits de douane.

En effet, l’expert estime que le léger rebond observé dans la production manufacturière ne constitue pas un signal de reprise durable. Il souligne néanmoins que certains facteurs pourraient atténuer ces risques baissiers, comme l’augmentation des dépenses européennes en matière de défense ou les efforts politiques pour réduire les obstacles réglementaires à l’échelle de l’Union européenne.

Dans l’ensemble, les données d’avril confirment une période prolongée de fragilité pour le secteur privé français, avec peu d’éléments permettant d’anticiper un redressement rapide.

Laisser un commentaire

Partages