Sanofi abandonne une usine en France : quel avenir pour les 600 salariés ?

Sanofi poursuit son désengagement industriel en France avec la cession de l’une de ses usines, marquant un tournant stratégique vers des secteurs plus rentables, comme l’immunologie.

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Sanofi abandonne une usine en France : quel avenir pour les 600 salariés ? Crédit : Sanofi | Econostrum.info

Sanofi annonce la cession de son usine de Maisons-Alfort, confirmant ainsi un désengagement progressif de ses implantations industrielles en France. Cette décision s’inscrit dans une stratégie de réorientation vers des secteurs plus rentables, comme l’immunologie, et soulève des inquiétudes quant à l’avenir des sites de production dans le pays.

Sanofi va donc céder son usine de Maisons-Alfort, qui produit l’anticoagulant Lovenox, à un façonnier allemand, Adragos Pharma. Cette cession fait partie du réajustement stratégique du groupe, qui souhaite se concentrer sur des domaines plus rentables tels que l’immunologie et l’oncologie. Le médicament fabriqué sur le site de Maisons-Alfort, Lovenox, fait face à une concurrence accrue de médicaments fabriqués dans des zones à bas coûts. Sanofi précise que le site possède une valeur industrielle réelle, mais les technologies utilisées ne sont plus compatibles avec l’orientation future de l’entreprise, axée sur les produits biologiques.

Une décision de Sanofi qui inquiète les syndicats et les élus locaux

L’annonce de la vente du site a provoqué une réaction vive des syndicats, qui ont exprimé leurs inquiétudes concernant l’avenir des 600 salariés du site. Une réunion avec la direction est prévue pour discuter de l’impact de cette cession sur l'emploi. De plus, les élus locaux, notamment la présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse, et le maire de Maisons-Alfort, Olivier Capitanio, ont dénoncé ce qu’ils appellent un « abandon progressif » de l’industrie pharmaceutique en France. Ils demandent à rencontrer Adragos Pharma, le repreneur, pour s’assurer de l’avenir du site et des emplois.

Sanofi, cependant, a tenu à rassurer en affirmant que « la fermeture du site de Maisons-Alfort est totalement exclue » et qu’il mettra tout en œuvre pour garantir la pérennité de l’activité et de l'emploi sur ce site, rapporte BFMTV. Le groupe précise que le mouvement de cession ne signifie pas nécessairement une fermeture mais plutôt un transfert d’activité.

Un virage stratégique vers les produits biologiques

Ce changement s’inscrit dans le cadre d’une réorganisation plus large de l’activité de Sanofi, qui veut se concentrer sur des produits à plus forte valeur ajoutée. Sanofi a récemment fermé son usine à Gentilly tout en renforçant son site de Vitry-sur-Seine, où la production d’anticorps monoclonaux sera doublée. Le groupe investit massivement dans des domaines comme l’immunologie, avec des produits comme Dupixent, et a récemment mis 9 milliards de dollars dans la biotech BluePrint pour renforcer son portefeuille.

Sanofi a déjà procédé à plusieurs cessions ces dernières années, et le groupe ne cache pas qu’il pourrait continuer cette stratégie. Lors d’une audition parlementaire, la présidente de Sanofi, Audrey Duval, a expliqué que des cessions d’usines étaient possibles, mais qu’elles ne signaient pas forcément la fermeture des sites. Duval a précisé que les sites vendus au cours des dix dernières années n’avaient pas été fermés après leur vente. Cela permet, selon elle, de ramener des investissements tout en sauvegardant des emplois.

Sanofi est donc en pleine mutation, cherchant à se détacher des médicaments courants et des activités non rentables pour se concentrer sur des secteurs plus rentables et stratégiques, comme l’oncologie et l’immunologie. Si cette stratégie peut offrir de nouvelles opportunités à long terme, elle risque aussi de nuire à l’industrie pharmaceutique locale et à l’emploi dans certaines régions de France.

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