Salaires : voici à quelles hausses s’attendre en 2026

En 2026, les hausses de salaires seront majoritairement individuelles, avec une baisse des augmentations collectives, selon une étude.

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Salaires : voici à quelles hausses s'attendre en 2026 . Crédit : Canva | Econostrum.info

Les prévisions de hausse des salaires pour 2026 montrent un changement important dans la manière dont les entreprises abordent la question des rémunérations. Selon le baromètre des augmentations salariales mené par WTW, la médiane des hausses devrait se fixer à 3,1 %, un chiffre qui semble similaire à l’année précédente, mais qui cache une réelle transformation des politiques salariales des entreprises.

En 2026, les augmentations seront majoritairement individuelles, remplaçant les augmentations générales qui avaient été plus courantes durant la période de forte inflation. En effet, seulement 29 % des entreprises prévoient encore des augmentations générales pour l’année à venir, un pourcentage bien inférieur à celui de 2025 où 61 % des sociétés y avaient recours.

Khalil Ait Mouloud, directeur de l’activité enquêtes de rémunération chez WTW, précise que l’objectif des entreprises n’est plus de maintenir le pouvoir d’achat de tous les employés, mais plutôt de récompenser sélectivement certains profils, notamment les talents jugés cruciaux pour la performance et la transformation des organisations. Cela permettrait aux entreprises d’optimiser leurs ressources tout en attirant et en fidélisant les talents clés.

L’impact de la directive européenne sur la transparence dans les salaires

En 2026, la mise en œuvre de la directive européenne sur la transparence sur les salaires marquera un tournant législatif important. Cette directive impose aux entreprises de plus de 250 salariés de fournir des informations sur les écarts de rémunération entre hommes et femmes, afin de les justifier par des critères objectifs. Près de 46 % des entreprises interrogées ont déjà intégré dans leurs enveloppes salariales des ajustements destinés à réduire ces écarts, contre 40 % en 2025. Cette démarche vise à anticiper les sanctions liées à cette nouvelle législation.

Cependant, les entreprises françaises affichent une certaine prudence face à cette transformation. Les sociétés dont le siège est en France prévoient une augmentation moyenne des salaires de seulement 2 % pour 2026, en légère baisse par rapport à l’année précédente (2,2 %). Cette retenue des entreprises nationales contraste avec les filiales de groupes étrangers, qui, elles, sont plus enclines à accorder des hausses salariales plus élevées.

Des écarts sectoriels légers

Les différences de prévisions d’augmentations salariales d’un secteur à l’autre restent relativement faibles. Les secteurs des services, des transports et de la distribution prévoient des hausses autour de 3 %, tandis que des secteurs comme l’industrie, les technologies, les médias et les télécoms pourraient accorder des augmentations légèrement plus importantes, avec des prévisions autour de 3,2 %. Cela montre que l’individualisation des rémunérations touche de manière homogène l’ensemble de l’économie, malgré des nuances en fonction des secteurs.

Cette évolution dans la gestion des rémunérations pourrait soulever des questions sociales sur la manière dont les entreprises répartissent les ressources salariales et sur l’équité perçue par les employés. Les syndicats, en particulier, se montrent préoccupés par cette individualisation croissante et les possibles effets négatifs sur la coopération au sein des équipes.

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