Cette année, les salaires risquent de connaître une augmentation très légère. Et pour cause, le budget alloué à ces hausses par les entreprises est en baisse. Celles-ci jouent la carte de la prudence dans un contexte économique et politique incertain.
Selon l’Institut national de la statistique et des études économiques, le rythme des augmentations salariales ralentit en 2025. « Au printemps, les salaires étaient sur un rythme d’augmentation de 2 % par an. C’est beaucoup moins qu’en 2023-2024, où l’on était plutôt sur du 3 ou 4 %. Par exemple, la moyenne annuelle était de 4,3 % en 2023. Donc, on est en phase de ralentissement désormais », explique Dorian Roucher, expert à l’Insee.
De son côté, Delphine Landeroin, spécialiste des politiques de rémunération chez LHH, explique que « pour cette année 2025, on observe un retour aux taux d’avant la crise Covid ». Selon elle, la baisse des budgets consacrés aux augmentations salariales n’a rien d’étonnant, compte tenu du recul de l’inflation, ainsi que du contexte politique et économique.
« Au-delà, les premières tendances pour 2026 confirment cette orientation, avec des augmentations envisagées pour 82 % des entreprises avec un taux prévisionnel autour de 2 %, traduisant une stabilisation après les fortes fluctuations des dernières années. », a-t-elle prédit.
Les entreprises compensent l’augmentation minime des salaires par des dispositifs d’aide aux employés
D’après l’enquête de LHH, rapportée par actu.fr, les entreprises font davantage d’effort sur leurs dispositifs d’aide pour compenser ces augmentations de salaire limitées. Ainsi, 50% des entreprises ont opté pour une hausse de la participation aux repas, 30% ont choisi une augmentation de la prise en charge du transport, et 30% ont instauré des systèmes de rémunération variable.
« Depuis plusieurs années, les entreprises proposent des dispositifs complémentaires à la rémunération sous forme de packages salariaux. Aujourd’hui, malgré des augmentations salariales limitées, elles poursuivent leurs efforts pour soutenir le pouvoir d’achat de leurs collaborateurs en maintenant ces compléments de rémunération », explique LHH.
À noter, d’autre part, que certains métiers auront la possibilité de négocier une augmentation salariale allant jusqu’à 10%. Cela concerne les profils en pénurie, difficiles à trouver par les recruteurs. Selon Pagegroup, cela concerne les ingénieurs en cybersécurité. De leur côté, les techniciens de maintenance peuvent négocier une augmentation allant à 6%.
Tandis que les salaires des responsables d’exploitation ou encore des prévisionnistes de vente pourraient augmenter de 5%. Et il en est de même pour les métiers du secteur de la logistique, qui seront mieux lotis cette année en matière de hausse salariale.
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