Les prévisions salariales pour 2025 indiquent une baisse des augmentations généralisées, laissant place à des hausses plus ciblées. Face à ce contexte, comment les salariés peuvent-ils mieux se préparer à négocier ?
Les estimations pour 2025 prévoient une augmentation des salaires comprise entre 1,5 % et 3 %, selon les experts. Si ces chiffres sont bien inférieurs aux hausses de 4 % et plus observées en 2023 et 2024, ils reflètent une inflation en baisse, désormais autour de 2,2 %. Les entreprises, tout en restant ouvertes à des ajustements, rationalisent davantage leurs budgets, concentrant les augmentations sur des profils clés ou des secteurs en tension.
Par exemple, certains salariés très performants ou occupant des postes stratégiques pourraient bénéficier d’augmentations allant jusqu’à 6 % ou 7 %, selon des cabinets comme Mercer et Robert Half. Cependant, ces cas restent l’exception dans un marché qui revient à une dynamique plus stable après deux années de fortes hausses.
Des hausses de salaires inégales entre secteurs et profils
Les secteurs comme la finance et l’informatique, qui avaient connu des augmentations marquées en 2022 et 2023, affichent un certain ralentissement. En revanche, des fonctions support comme les ressources humaines ou les métiers juridiques tirent leur épingle du jeu. Par exemple, les juristes spécialisés en RGPD ont vu leurs rémunérations augmenter de près de 8,8 % en 2024, une tendance qui pourrait se prolonger cette année.
D’autres métiers, tels que les office managers, continuent de bénéficier de hausses significatives, certaines atteignant 20 %. Ces évolutions montrent que les entreprises privilégient des augmentations ciblées pour retenir des talents rares ou stratégiques.
Comment négocier une augmentation de salaire ?
Négocier une augmentation nécessite une préparation rigoureuse. Les experts conseillent de choisir le moment idéal, généralement lors des entretiens annuels, et d’éviter toute discussion improvisée. Avant de demander une hausse, il est crucial d’étudier le marché, d’analyser la santé financière de l’entreprise et de s’appuyer sur des arguments concrets, tels que les résultats obtenus ou les objectifs atteints.
Dans un entretien à nos confrères de Moneyvox, Dany El Jallad, vice-président chez Robert Half, insiste sur l’importance de justifier sa demande avec des données chiffrées et de se fixer des objectifs clairs pour l’année à venir. En cas de refus, il est possible de négocier d’autres avantages, comme des primes exceptionnelles ou une flexibilité accrue (télétravail, congés supplémentaires).
Alors que les entreprises ajustent leurs politiques salariales à un contexte économique incertain, les hausses, bien que moins généralisées, restent accessibles. Pour maximiser vos chances d’obtenir une revalorisation, il est essentiel de valoriser vos compétences, votre contribution et votre potentiel à long terme. Les salariés occupant des postes en tension ou ayant une forte performance individuelle restent en position de force dans ces négociations.