Le départ de Ryanair de certains aéroports français risque de sceller leur avenir. L’aéroport de Bergerac pourrait notamment faire face à une fermeture définitive, alimentée par une hausse de la taxe sur les billets d’avion.
Ryanair a officiellement annoncé, le 30 juillet, qu’elle réduirait sa capacité dans trois aéroports français à partir de cet hiver : Bergerac (Dordogne), Brive (Corrèze) et Strasbourg (Bas-Rhin). Cette décision fait suite à une augmentation de 180 % de la taxe aérienne, entrée en vigueur en mars 2025. Le patron de Ryanair, Michael O’Leary, avait prévenu que la compagnie réagirait en diminuant sa présence en France, et c’est désormais chose faite. À Bergerac, cette réduction représente environ 750 000 sièges en moins et la suppression de 25 lignes.
L’impact sur Bergerac : une situation critique
L’aéroport de Bergerac est particulièrement vulnérable à ce retrait, car Ryanair représente 70 % du trafic. Le président de la Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI) de Dordogne, Christophe Fauvel, a exprimé son inquiétude, affirmant qu’une disparition complète de Ryanair de Bergerac pourrait mener à la fermeture définitive de l’aéroport. Bien que la réduction de l’activité en hiver soit moins dramatique en raison de la saisonnalité de l’aéroport (moins de passagers en hiver qu’en été), le futur reste incertain.
Les gestionnaires de l’aéroport de Bergerac, EGC Aéro, espèrent qu’ils pourront compenser cette perte par l’arrivée d’autres compagnies aériennes, mais la situation reste fragile. Pour eux, la perte de 18 000 passagers en moins est un coup dur, d’autant plus que la compagnie irlandaise représentait une source importante de trafic.
La nouvelle stratégie de Ryanair pénalise plusieurs aéroports
La taxe de solidarité sur les billets d’avion a été augmentée de manière significative, passant de 2,63 € à 7,40 € par billet en mars 2025. Cette taxe a pour objectif de financer des projets environnementaux, mais son poids, combiné à l’augmentation des charges fiscales, a poussé Ryanair à revoir sa stratégie en France. Le gouvernement a tenté d’apaiser la situation en annonçant une baisse de l’accise et du Turpe, deux autres taxes appliquées à l’électricité et au gaz, mais cela ne suffira probablement pas à inverser la tendance pour les aéroports concernés.
Le retrait de Ryanair souligne l’impact des hausses fiscales sur les aéroports régionaux. Bien que la baisse de certaines taxes puisse offrir un répit, elle ne suffira peut-être pas à prévenir la fermeture de certains sites, réduisant ainsi les options de voyage et affectant l’économie locale.








