La concentration de la richesse progresse à un rythme soutenu dans certains pays, laissant de côté une large partie de la population. Une tendance qui s’accélère depuis deux décennies et redessine les équilibres économiques mondiaux.
Depuis l’an 2000, la part de la richesse nationale détenue par les 10 % les plus riches a considérablement augmenté dans plusieurs pays. Une étude menée par le site Best Brokers et rapportées par Les Echos, en s’appuyant sur les données de la World Inequality Database et de Our World in Data, met en lumière les territoires où cette concentration a été la plus spectaculaire. En tête de ce classement figurent la Chine, Chypre et l’Inde.
En Chine, les 10 % les plus aisés possédaient 48,3 % de la richesse nationale en 2000. En 2023, cette proportion a atteint 68 %, soit une progression de 19,7 points. Cette augmentation est en grande partie liée à l’essor de la bulle immobilière et de la tech, deux secteurs qui ont largement profité à une minorité déjà fortunée. Un phénomène qui n’est pas isolé. En Inde comme à Chypre, la progression de la richesse détenue par les plus riches suit une tendance similaire, renforcée par les politiques économiques libérales et les faibles dispositifs de redistribution.
La moitié de la richesse mondiale concentrée entre deux pays
Selon le Global Wealth Report 2025 publié par UBS, les États-Unis et la Chine contrôlent désormais ensemble 54 % de la richesse personnelle mondiale. Les États-Unis en détiennent 34,7 %, la Chine 19,4 %. L’Europe, dans son ensemble (incluant l’UE, le Royaume-Uni, la Suisse, la Norvège et la Turquie), représente 22,3 % de cette richesse mondiale. Le Japon arrive en troisième position, loin derrière, avec seulement 4,5 %.
L’étude souligne un déséquilibre croissant dans la distribution globale du capital. Les cinq premières économies européennes réunies — Royaume-Uni, Allemagne, France, Italie et Espagne — pèsent moins que la Chine seule. Cela reflète à la fois une dynamique économique plus forte en Asie et une stagnation de la croissance du patrimoine en Europe de l’Ouest.
Des inégalités régionales qui s’intensifient
La progression de la richesse n’est pas homogène. En 2024, l’Europe de l’Est a enregistré la plus forte hausse de la richesse personnelle totale (+12 %), devant l’Amérique du Nord. À l’inverse, l’Europe de l’Ouest, l’Amérique latine et l’Océanie ont connu une baisse, après ajustement à la population. Des pays comme le Royaume-Uni, l’Allemagne et la France conservent des parts importantes en valeur absolue, mais voient leur poids relatif s’éroder.
Le rapport UBS met aussi en garde contre une lecture exclusivement globale. Les chiffres concernent les parts nationales de richesse totale, mais ne disent rien du niveau de vie moyen ou de la répartition individuelle. Dans certains pays riches en patrimoine, la majorité de la population ne bénéficie pas de cette concentration.








