Les inégalités mondiales ne cessent de se creuser. Les riches, plus nombreux et plus fortunés que jamais, accumulent des patrimoines colossaux, tandis que les plus pauvres supportent de plus en plus difficilement les pressions fiscales et économiques qui pèsent sur eux.
Ce mercredi 4 juin 2025, le cabinet de conseil Capgemini a publié son World Wealth Report, dévoilant des chiffres impressionnants qui soulignent l’ampleur croissante des inégalités mondiales. Selon cette étude, le nombre de millionnaires dans le monde a franchi un nouveau cap en 2024, atteignant un record historique de 23,4 millions de personnes. Leur fortune globale a, quant à elle, atteint les 90 500 milliards de dollars, un chiffre en hausse de 4,2 % par rapport à l’année précédente. Ces résultats témoignent d’une accumulation de richesses sans précédent, portée par plusieurs facteurs économiques, dont la hausse des cours boursiers et l’engouement autour de l’intelligence artificielle.
Une croissance exponentielle des riches
Le rapport révèle que la croissance du nombre de personnes fortunées est particulièrement marquée parmi les ultrafortunés, c’est-à-dire ceux dont la fortune dépasse les 30 millions de dollars. Leur nombre a progressé de 6,2 % sur l’année, tandis que le nombre global de millionnaires a augmenté de 2,6 %. Cette dynamique est en grande partie expliquée par l’envolée des marchés financiers, notamment Wall Street, où les indices Nasdaq, Dow Jones et S&P 500 ont atteint des niveaux records grâce à un climat économique plus favorable et à l’essor de la technologie.
Les actions américaines, en particulier, ont connu une forte hausse en 2024, alimentée par une croissance économique plus forte que prévue et un enthousiasme généralisé pour l’IA. Ces éléments ont permis de faire prospérer les portefeuilles des investisseurs les plus riches, consolidant ainsi leur position sur l’échiquier mondial de la richesse.
Des disparités géographiques marquées
Si certains pays ont profité de cette croissance, d’autres ont vu la situation stagner ou se dégrader. Par exemple, les États-Unis ont enregistré la plus forte croissance en termes de nombre de millionnaires, avec une augmentation de 562 000 millionnaires, soit une hausse de 7,6 %. En revanche, l’Europe a observé un recul de 2,1 % du nombre de personnes fortunées, en grande partie à cause de la stagnation économique dans ses principales économies.
La France, par exemple, a perdu 21 000 millionnaires, ce qui reflète des difficultés économiques spécifiques au pays, malgré la présence de grandes entreprises, rapporte TF1. Cependant, une concentration accrue de la richesse reste observable, même en Europe, avec une hausse de 3,5 % du nombre d’ultrafortunés, ce qui montre que la richesse se focalise de plus en plus entre les mains d’une élite restreinte.
Un mouvement de transmission de richesse imminent
Le rapport de Capgemini met également en lumière un changement générationnel à venir dans les prochaines décennies. En effet, le monde devrait assister à un mouvement de transmission de richesse massif, avec 83 500 milliards de dollars devant changer de mains au cours des deux prochaines décennies. Cela pourrait donner naissance à une nouvelle génération de personnes extrêmement riches, ce qui pourrait intensifier les débats sur la manière dont les plus hauts patrimoines devraient contribuer davantage à l’impôt.
Cette concentration des richesses et l’augmentation des inégalités mondiales ont largement alimenté les débats publics sur la manière de mieux répartir la richesse. Les gouvernements du monde entier sont confrontés à la nécessité d’adopter des politiques fiscales plus justes, permettant de mieux faire contribuer les plus hauts patrimoines à l’effort collectif. Alors que les discussions sur l’impôt sur la fortune ou la taxation des grandes entreprises se multiplient, il semble de plus en plus évident que les disparités de richesse doivent être prises en compte de manière plus urgente pour éviter un creusement excessif des inégalités sociales.







