Les pensions versées par le régime Agirc-Arrco, qui concerne les salariés du privé, n’ont pas été revalorisées comme prévu en 2025. Le 17 octobre dernier, après plusieurs mois de négociations, le patronat a rejeté les propositions des syndicats qui demandaient une revalorisation indexée sur l’inflation.
Ce blocage a conduit à une suspension de l’augmentation des allocations. Les syndicats, insatisfaits de l’issue des discussions, envisagent désormais de saisir la justice pour contraindre le patronat à augmenter les retraites complémentaires en 2026. Le régime Agirc-Arrco, qui concerne environ 18 millions de retraités, est financé par des cotisations sociales et vise à garantir un revenu de remplacement aux salariés du secteur privé une fois qu’ils ont cessé leur activité professionnelle.
Chaque année, les allocations de ce régime sont normalement revalorisées en fonction de l’évolution de l’inflation et des salaires. Toutefois, cette année, la revalorisation a été suspendue faute d’accord entre les syndicats et le patronat. Selon l’Unédic, l’absence de revalorisation pour 2025 signifie une perte significative de pouvoir d’achat pour les retraités.
Le blocage des négociations et les conséquences sur la revalorisation de la retraite Agirc-Arrco
La question de la revalorisation des pensions Agirc-Arrco a fait l’objet de vifs échanges lors des négociations de l’automne 2025. Les syndicats avaient demandé que l’augmentation des retraites soit indexée sur l’inflation, avec une proposition initiale de 1 % puis réduite à 0,8 %. Cependant, cette demande a été rejetée par les représentants du patronat, qui ont évoqué les coûts supplémentaires engendrés par la suspension partielle de la réforme des retraites de 2023. En conséquence, aucune hausse n’a été accordée et la situation est restée bloquée, malgré les tentatives de conciliation entre les parties prenantes.
Face à ce blocage, plusieurs syndicats ont décidé d’intensifier la pression en envisageant un recours juridique. Ils prévoient de saisir le tribunal judiciaire si les employeurs persistent dans leur refus d’accorder une revalorisation. Cette action judiciaire se baserait sur l’interprétation des accords régissant le régime Agirc-Arrco, et viserait à obtenir une compensation pour l’absence de hausse des pensions en 2025. Le recours à la justice serait considéré comme un dernier levier pour faire avancer le dossier.
La décision de saisir la justice dépendra de l’évolution des discussions entre le patronat et les syndicats dans les semaines à venir. Les syndicats ont insisté pour que le dossier Agirc-Arrco soit rouvert rapidement, et ont conditionné la reprise des négociations sur d’autres sujets sociaux à la résolution de cette question des retraites complémentaires. Si aucune solution n’est trouvée d’ici les prochains mois, la justice pourrait être appelée à trancher sur la légalité de la suspension de la revalorisation des pensions, en vertu des accords du régime.
Le blocage actuel sur la question de la revalorisation des retraites Agirc-Arrco met en lumière les tensions persistantes entre les partenaires sociaux et leur incapacité à parvenir à un accord sur ce sujet. Les syndicats estiment que les retraités, qui ont déjà vu leur pouvoir d’achat diminué en raison de l’absence de revalorisation, doivent être compensés pour cette perte. Les prochaines semaines seront cruciales pour déterminer si un accord sera trouvé ou si le recours à la justice sera inévitable.








