Alors que le gouvernement relance le débat sur l’abattement fiscal de 10 % accordé aux retraités, une question divise de nouveau le débat public : les retraités sont-ils vraiment plus riches que les actifs ?
Sur TF1, l’expert François Lenglet estime que la véritable fracture économique ne se situe pas dans les revenus mensuels, mais dans la transmission du patrimoine. Avec l’allongement de la vie, les successions arrivent plus tardivement dans le cycle de vie. Résultat : les héritages ne vont plus aux jeunes couples qui débutent, mais souvent aux retraités eux-mêmes. Cela empêche donc nombre de jeunes d’accéder à la propriété ou de créer leur activité, accentuant les inégalités intergénérationnelles.
Des revenus qui restent favorables aux actifs
D’après les données du Conseil d’orientation des retraites (2024), les revenus moyens des retraités sont nettement inférieurs à ceux des actifs. Un ménage retraité perçoit en moyenne 2 700 euros mensuels, contre 3 630 euros pour une famille active, soit 34 % de différence. Pourtant, certains indicateurs comme le niveau de vie ajusté montrent un léger avantage de 1,8 % en faveur des retraités, principalement en raison de charges moins lourdes (absence d’enfants à charge) et d’un taux élevé de propriétaires parmi eux.
C’est dans ce contexte que l’exécutif envisage de revoir l’abattement fiscal de 10 % dont bénéficient actuellement les retraités. Le ministre de l’Économie, Éric Lombard, affirme que « rien n’est tabou » dans la préparation du budget 2026. Mais cette hypothèse provoque une levée de boucliers politique, tant à gauche qu’à droite. François Bayrou, Premier ministre, s’est prononcé contre toute hausse d’imposition ciblant les retraités, malgré l’objectif de réduction du déficit sous les 3 % d’ici quatre ans.
Une évolution modérée des retraites
Lenglet rappelle aussi que les pensions ont peu progressé ces dernières années. Entre 2014 et 2020, elles n’ont augmenté en moyenne que de 0,17 % par an, une évolution freinée par la désindexation et la hausse de la CSG. Dans ce contexte, l’image d’un retraité favorisé en matière de revenu est à relativiser, selon l’économiste, qui souligne que ces faibles augmentations ont souvent été inférieures à l’inflation, réduisant ainsi le pouvoir d’achat des retraités.
En définitive, François Lenglet souligne qu’il est réducteur d’opposer frontalement actifs et retraités. L’analyse du niveau de vie devrait intégrer d’autres paramètres : logement, charges, patrimoine et accès à l’héritage. Autant d’éléments absents des débats politiques, mais déterminants pour comprendre la réalité économique des différentes générations.








