La question de l’égalité entre les sexes et des disparités de pensions a été au cœur des préoccupations du Conseil d’orientation des retraites (COR). Dans un contexte où les pensions des femmes restent inférieures à celles des hommes, plusieurs solutions ont été envisagées pour rééquilibrer la balance.
Malgré les efforts passés pour améliorer la situation des retraités, des inégalités persistent, particulièrement entre les hommes et les femmes. En effet, les femmes touchent en moyenne une pension de retraite de 1 668 euros, contre 1 964 euros pour les hommes, selon les données de la Drees (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques). Une des raisons majeures de cette disparité réside dans les majorements de pension qui profitent davantage aux hommes, dont les pensions sont en moyenne plus élevées.
Le dispositif actuel de majoration de 10 % pour les parents de trois enfants ou plus ne parvient pas à corriger ces inégalités. Au contraire, il reproduit souvent les disparités existantes. En 2020, cette majoration représentait environ 8,4 milliards d’euros, soit 2,9 % du total des pensions de droit direct, mais elle ne fait que renforcer les écarts de revenus entre les sexes.
Trois scénarios pour améliorer les pensions
Pour corriger ces inégalités, la Drees a élaboré trois scénarios différents qui ont été détaillés par nos confrères de Moneyvox :
Scénario A : une majoration forfaitaire
Dans ce scénario, une majoration forfaitaire de 150 euros remplace la majoration proportionnelle actuelle. L’idée est de fixer un montant fixe pour toutes les personnes ayant trois enfants ou plus, qu’elles soient hommes ou femmes.
L’objectif est de garantir une augmentation équitable des pensions, quel que soit le montant initial de la pension. Pour les femmes, ce scénario pourrait entraîner une hausse moyenne de 0,3 % de leur pension, contre une légère diminution pour les hommes, en particulier pour les plus riches.
Scénario B : une majoration uniquement pour les femmes
Le second scénario envisage de verser la majoration uniquement aux femmes, et ce dès le premier enfant. La majoration serait de 3 % pour un enfant, 6 % pour deux enfants et 13 % pour trois enfants ou plus, avec un plafond fixé à 3 000 euros par an.
Cette mesure permettrait de réduire l’écart entre les pensions des femmes et des hommes, avec une augmentation de 3,3 % des pensions des femmes. En effet, ce système profiterait à 86 % des femmes, en particulier celles ayant des revenus plus modestes, et permettrait de réduire l’écart de pension entre les sexes à 90,4 % contre 84,9 % actuellement.
Scénario C : une majoration selon le nombre d’enfants
Le troisième scénario combine les deux premiers en versant une majoration spécifique en fonction du nombre d’enfants, mais avec un montant progressif. Ainsi, une majoration de 40 euros serait versée pour un enfant, 80 euros pour deux enfants et 160 euros pour trois enfants et plus.
Cette approche permettrait d’augmenter la pension des femmes avec des enfants, particulièrement pour celles ayant des revenus plus modestes. Ce scénario aurait l’avantage de réduire les inégalités, particulièrement pour les femmes ayant plusieurs enfants, et augmenterait de 3,9 % la pension des femmes, contre une diminution de 3 % pour les hommes.
Ces scénarios montrent qu’il est possible de réduire les inégalités de retraite, notamment entre les hommes et les femmes, et de favoriser une meilleure répartition des pensions, notamment pour les plus modestes et les mères de famille. Bien que des ajustements restent nécessaires, ces propositions offrent une voie pour alléger les disparités actuelles et garantir une retraite plus juste pour tous.








