Retraite : pourquoi de nombreux Français restent en situation de précarité après 60 ans ?

Une étude de la Drees révèle qu’une partie des bénéficiaires de minima sociaux avant 60 ans le reste après leur départ à la retraite, soulignant une précarité persistante.

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Une femme âgée vêtue d'un haut blanc et d'un jean bleu, assise sur un fauteuil pour illustrer le sujet des retraites
Retraite : pourquoi de nombreux Français restent en situation de précarité après 60 ans ? | Econostrum.info

L’entrée en retraite ne signifie pas toujours une amélioration des conditions de vie. Selon une récente étude de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), plus d’un tiers des personnes percevant un minimum social avant 60 ans en bénéficient toujours après leur départ à la retraite. Ce phénomène illustre les difficultés économiques persistantes d’une partie des retraités.

En 2020, environ 11 % des personnes âgées de 61 ans vivaient avec un minimum social en France. Ce taux diminue après l’âge légal de départ à la retraite, atteignant 7,3 % à 62 ans. Toutefois, cette baisse progressive ne signifie pas pour autant une sortie immédiate de la précarité.

L’étude de la Drees, rapportée par Ouest-France, montre que la précarité se prolonge au-delà des âges légaux de la retraite. Parmi les bénéficiaires des minima sociaux avant 60 ans, plus d’un sur trois reste concerné après l’entrée en retraite.

Les principales allocations concernées sont le revenu de solidarité active (RSA), l’allocation aux adultes handicapés (AAH), l’allocation supplémentaire vieillesse (ASV), l’allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA) et l’allocation de solidarité spécifique (ASS). Ces dispositifs représentent 96 % des minima sociaux versés aux retraités en situation de précarité.

Une précarité qui diminue progressivement avec l’âge

Si la retraite permet à certaines personnes de sortir des minima sociaux, cette transition se fait de manière progressive entre 62 et 67 ans. À 61 ans, 11,5 % des futurs retraités perçoivent une aide sociale. Ce taux passe à 7,3 % à 62 ans, puis à 6 % à 67 ans et enfin à 5,5 % à 70 ans.

Selon la Drees, cette diminution ne s’explique pas uniquement par l’augmentation des revenus liée à la liquidation de la pension. D’autres facteurs entrent en jeu, notamment l’évolution des situations personnelles et des aides complémentaires.

Une problématique qui évolue avec les réformes

Avec le recul progressif de l’âge légal de départ à la retraite, ce phénomène devrait également être décalé dans le temps. Les réformes de 2010 et 2023 ayant repoussé cet âge, les bénéficiaires de minima sociaux devront attendre plus longtemps avant de pouvoir accéder à leur pension.

Cette situation pose la question de l’efficacité du système de protection sociale pour garantir un niveau de vie suffisant aux personnes ayant connu des parcours professionnels précaires. Malgré les aides existantes, une partie des retraités continue de vivre avec des ressources limitées, parfois en dessous du seuil de pauvreté.

Un défi pour les politiques publiques

L’étude de la Drees met en lumière les limites du système de retraite pour assurer une sortie de la précarité. Si certaines personnes voient leurs conditions de vie s’améliorer à la retraite, d’autres restent dépendantes des dispositifs d’aide sociale sur le long terme.

Ces constats soulignent l’importance des débats sur les réformes des retraites et les dispositifs d’accompagnement pour les travailleurs précaires. L’enjeu est de garantir une transition plus sécurisée vers la retraite pour les personnes ayant eu des carrières hachées ou de faibles revenus.

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