Le possible retour de l’écotaxe poids lourds inquiète fortement les transporteurs routiers. Abandonnée en 2013 après la fronde des Bonnets rouges, cette taxe pourrait bientôt être rétablie pour financer la transition écologique.
Le 22 mai dernier, le PDG de la SNCF, Jean-Pierre Farandou, a plaidé pour la réinstauration de cette taxe sur les camions, en insistant particulièrement sur les véhicules étrangers qui transitent en France, font le plein au Luxembourg et contribuent à la dégradation des routes sans participer financièrement. Il estime normal que ces camions apportent une contribution équitable, notamment dans un contexte de renforcement des politiques environnementales.
Des inquiétudes fortes chez les transporteurs routiers
Jean-Yves Astouin, président régional de la Fédération nationale des transports routiers (FNTR), exprime auprès de la Provence une profonde inquiétude quant à l’impact d’un tel retour sur les entreprises locales, qui dépendent à 80-90 % du transport routier pour livrer leurs marchandises, notamment dans les secteurs de la restauration, de l’industrie et du bâtiment.
Il craint également l’émergence de taxes régionales disparates, comme celle déjà instaurée dans le Grand Est, qui pourraient compliquer la situation des transporteurs. Cette multiplication des écotaxes régionales pousserait à la mise en place d’une taxe nationale unique, avec des conséquences économiques non négligeables, notamment un risque de hausse des prix à la consommation.
Une opposition commune des acteurs du secteur contre le retour de l’écotaxe
Les principales organisations professionnelles, telles que la FNTR, l’Union des entreprises de transport et de logistique (TLF) et l’Organisation des transporteurs routiers européens, s’opposent fermement à la proposition de cibler uniquement les camions étrangers, jugeant cette approche juridiquement inapplicable. Elles alertent également sur le fait qu’une nouvelle charge financière freinerait les efforts de verdissement du secteur.
Actuellement, la part du fret ferroviaire en France atteint péniblement 9 %, loin derrière des pays européens où elle peut dépasser 20 %. Les organisations préviennent que toute charge financière supplémentaire risquerait non seulement d’aggraver la situation économique déjà fragile des transporteurs, mais aussi de freiner la transition vers des modes de transport plus durables.
Pour le moment, aucun retour officiel de l’écotaxe n’a été confirmé. Le rapport d’Ambition France Transports, un groupe d’experts présidé par Dominique Bussereau, doit être remis à Matignon au cours de cet été. Il reviendra ensuite au Premier ministre François Bayrou de décider s’il convient de remettre cette mesure sur la table ou pas. Dans un contexte social tendu, ce choix pourrait provoquer de nouvelles tensions dans le secteur du transport routier.








