Sébastien Lecornu, Premier ministre, a confirmé le 16 janvier 2026 la généralisation du repas à un euro pour tous les étudiants. Cette mesure, qui entrera en vigueur à partir du mois de mai 2026, s’inscrit dans le cadre du projet de loi de finances encore en discussion.
Elle a pour objectif de soutenir le pouvoir d’achat des étudiants, dans un contexte de précarité marquée par l’inflation et la hausse du coût de la vie. Cette annonce fait partie des ajustements budgétaires proposés par le gouvernement pour obtenir un accord politique autour du budget 2026, encore non adopté. En février 2023, la proposition avait été rejetée par les députés du groupe Renaissance et des Républicains.
Le gouvernement a finalement décidé de l’intégrer, après des négociations avec le Parti socialiste. Sébastien Lecornu a déclaré depuis Matignon : « Ce budget doit donner une priorité à la jeunesse. Les bourses étudiantes seront maintenues. Pour tous les étudiants, le repas à un euro au restaurant universitaire sera une réalité à compter du mois de mai. »
Réactions contrastées des syndicats étudiants sur le repas à un euro
L’annonce a été accueillie positivement mais avec prudence par les syndicats étudiants. L’Union nationale des étudiants de France (UNEF), par la voix de sa vice-présidente Salomé Hocquard, a exprimé sa réserve sur un possible « effet d’annonce ». Elle a déclaré : « Les étudiants ont l’habitude des effets d’annonce du gouvernement sur les questions étudiantes. Tant qu’on ne verra pas la ligne budgétaire qui consacre le repas à un euro et qui permet au Crous de le mettre en place, on reste assez sceptique. »
La Fédération des associations générales étudiantes (Fage) a salué une avancée concrète, tout en appelant à une réforme plus large du système d’aides. Louise Lenglin, première vice-présidente de la Fage, a affirmé : « Une bonne nouvelle sur le terrain, tous les jours des étudiants vont pouvoir manger alors qu’ils devaient sauter des repas jusque-là. Mais ces étudiants devraient avoir des ressources suffisantes. Nous demandons une réforme des bourses en fonction des revenus réels et pas de ceux des parents. »
Selon les données du Centre régional des œuvres universitaires et scolaires (Crous), 667 000 étudiants ont bénéficié du repas à un euro en 2024, soit une augmentation de 5,3 % par rapport à 2023. En tout, 46,7 millions de repas à un euro et 3,30 euros ont été servis cette année-là.
Les organisations étudiantes considèrent cette mesure comme une avancée utile, mais insuffisante pour faire face à la précarité persistante. Plusieurs d’entre elles continuent de réclamer des investissements structurels dans les aides sociales et les infrastructures universitaires.








