Réforme des retraites : Emmanuel Macron ferme la porte au référendum

Le président privilégie le dialogue social et repousse la possibilité d’un référendum sur la réforme des retraites.

Publié le
Lecture : 2 min
Macron, qui ferme la porte à un referendum sur la réforme des retraites
Réforme des retraites : Emmanuel Macron ferme la porte au référendum | Econostrum.info

Alors que les discussions entre syndicats et patronat sur la réforme des retraites viennent de débuter, Emmanuel Macron a rejeté l’idée d’un référendum sur le sujet. Le président mise sur la concertation pour aboutir à un accord. Une position qui intervient alors que les négociations s’annoncent tendues et que la réforme reste impopulaire.

Présent à Porto dans le cadre d’une visite d’État, Emmanuel Macron a réaffirmé sa volonté de laisser les partenaires sociaux mener les discussions sur d’éventuels ajustements de la réforme des retraites adoptée en 2023. Il estime que « le moment est celui du dialogue » et qu’il faut donner « le maximum de chances » aux syndicats et au patronat pour parvenir à un compromis.

L’idée d’un référendum avait été évoquée par François Bayrou, président du Modem et haut-commissaire au Plan, en cas d’absence d’accord entre les parties. Le chef de l’État a préféré temporiser, rappelant que la Constitution prévoit un cadre strict pour un tel processus et qu’il ne s’exprimera sur le sujet qu’ »au bon moment ».

Cette déclaration intervient alors que le texte adopté en 2023, relevant l’âge légal de départ à la retraite à 64 ans, continue de susciter des oppositions. Les manifestations massives et le recours au 49.3 pour faire passer la réforme avaient profondément marqué l’opinion publique.

Des négociations déjà sous tension

Le gouvernement a donné trois mois aux syndicats et au patronat pour parvenir à un accord sur d’éventuelles modifications de la réforme des retraites. Mais les discussions s’annoncent difficiles. Le Medef, par la voix de son président Patrick Martin, a affiché son scepticisme quant à une remise en cause du texte de 2023.

Du côté des syndicats, la lettre de mission envoyée par François Bayrou a été très mal reçue. Elle impose aux partenaires sociaux de trouver un équilibre financier d’ici 2030, tout en préservant la compétitivité des entreprises, ce qui limite les marges de manœuvre.

Face à ces contraintes, Force ouvrière a déjà claqué la porte des négociations, dénonçant un « piège » et réclamant un autre cadre de discussion. D’autres organisations, comme la CFDT et la CGT, ont exprimé leurs doutes sur la marge de négociation réelle laissée aux syndicats, estimant que les grandes lignes sont déjà figées par le gouvernement.

Une réforme toujours impopulaire

Adoptée après une mobilisation sociale massive, la réforme des retraites reste largement rejetée par l’opinion publique. Selon un sondage publié en septembre par BFMTV, seul un Français sur dix souhaite conserver le texte tel quel.

De nombreux opposants dénoncent une réforme jugée injuste, notamment pour les carrières longues, les métiers pénibles et les travailleurs aux revenus les plus faibles. Certains économistes estiment que d’autres solutions, comme une augmentation des cotisations patronales ou une taxation supplémentaire des hauts revenus, auraient pu être envisagées pour assurer l’équilibre financier du système.

Dans ce contexte, la question d’un référendum reste sensible. Si Emmanuel Macron mise sur le dialogue social, l’échec des négociations pourrait remettre sur la table cette option, demandée par certains syndicats et une partie de l’opposition.

Quel avenir pour la réforme des retraites ?

Le gouvernement souhaite clore définitivement le débat en laissant les partenaires sociaux trouver un compromis, mais la tâche s’annonce ardue. Avec une opposition persistante et une opinion publique toujours défavorable, il n’est pas exclu que d’autres tensions émergent dans les mois à venir.

Si aucun accord n’est trouvé dans le délai imparti, l’exécutif devra décider de la suite. Emmanuel Macron semble exclure l’idée d’un référendum, mais un rejet massif des conclusions des négociations pourrait le contraindre à revoir sa position. Le débat sur la réforme des retraites est donc loin d’être clos.

1 réflexion au sujet de « Réforme des retraites : Emmanuel Macron ferme la porte au référendum »

  1. Sacré Bayrou. Et encore, il n’a pas précisé qu’il conviendra dans le futur de financer le budget de la défense, idéalement en hausse de 3 points de PIB à terme, soit une centaine de milliards par an, mais que Macron vient de fixer à « 1 point, 1 point et demi » (soit quelque 40 milliards par an d’ici 2030). Et bien sûr sans augmenter le déficit. Ces sommes ne pourront être prises que sur le système social français: prévoir donc une baisse des retraites à ce titre de 10% dans un premier temps (toutes choses égales par ailleurs!). Puis encore de 10% ensuite.

Laisser un commentaire

Partages