Le cycle de concertation sur la réforme des retraites se poursuit entre syndicats et organisations patronales. À six semaines de la date butoir fixée au 28 mai 2025, plusieurs sujets restent encore en débat. Cette nouvelle phase de dialogue, amorcée en avril, vise à préciser le financement du système de protection sociale, à clarifier la répartition entre cotisations et impôts, et à explorer de possibles évolutions du modèle français.
L’un des points centraux des échanges concerne le mode de financement de la protection sociale. Les représentants du patronat, notamment la CPME, souhaitent que certaines cotisations patronales, comme celle de 0,3 % dédiée à la branche autonomie, soient redirigées vers le régime de retraite. En contrepartie, les dépenses liées à la dépendance seraient financées par l’impôt, afin d’alléger le coût du travail.
La CFE-CGC a exprimé un avis convergent, en appelant à concentrer les cotisations sur les risques professionnels et la retraite, tout en transférant le financement des structures hospitalières et des soins de ville vers des prélèvements plus généraux.
Prudence des syndicats sur la redéfinition des rôles
Selon Moneyvox, la CFDT se montre plus réservée. Elle rappelle que les entreprises bénéficient directement d’un système de santé performant et d’un soutien aux familles, éléments essentiels à la stabilité de l’emploi. Son représentant, Yvan Ricordeau, estime donc logique que les cotisations continuent de financer une partie des dépenses de santé et de garde d’enfants, au nom de la cohérence du modèle social.
Quant au Medef, sa position reste mesurée. Sa représentante a insisté sur la complexité des interactions entre les différents canaux de financement, appelant à des études complémentaires avant toute décision.
Capitalisation et pilotage du système des retraites : les prochains débats
La semaine prochaine, les discussions porteront sur l’éventualité d’introduire un volet de retraite par capitalisation dans un système français historiquement fondé sur la répartition. Ce point divise fortement les syndicats, qui redoutent une individualisation accrue des retraites, tandis que certaines voix patronales y voient une source de stabilité financière à long terme.
Les séances des 30 avril et 15 mai seront ensuite consacrées à la question du pilotage du système : gouvernance, indicateurs de suivi, mécanismes de correction en cas de déséquilibre. La dernière réunion est prévue pour le 28 mai, date à laquelle les partenaires tenteront de formaliser un accord ou, à défaut, de constater les points de blocage persistants. En toile de fond, le gouvernement observe ces négociations sans intervenir directement, espérant un compromis large entre les acteurs sociaux.








