François Bayrou se lance dans une réforme ambitieuse du Code du travail dans le cadre du budget 2026. Son objectif : déverrouiller les règles actuelles pour stimuler l’emploi et la production, tout en proposant des ajustements sur des sujets sensibles comme les congés payés et les CDD. Mais cette offensive sera-t-elle perçue comme une avancée sociale ou une nouvelle tentative d’austérité ?
Le Premier ministre a récemment annoncé un vaste projet de réforme du marché du travail qui va bien au-delà des simples ajustements. Dans ce cadre, il entend négocier avec les partenaires sociaux sur des sujets aussi variés que la monétisation de la cinquième semaine de congés payés, la réduction des arrêts de travail et l’assouplissement de l’usage des contrats à durée déterminée (CDD). Le gouvernement cherche ainsi à réformer un Code du travail jugé trop rigide, en introduisant davantage de flexibilité, tout en tentant de maintenir un équilibre entre les droits des travailleurs et les besoins des entreprises.
Des mesures clés pour « déverrouiller » le marché du travail
François Bayrou mise sur une série de mesures structurelles pour favoriser l’emploi et réduire la précarité dans les petites entreprises, notamment en facilitant les recrutements et en repensant les temps partiels subis. Parmi les pistes avancées, on trouve la possibilité pour les entreprises de modifier la durée des CDD et d’élargir l’accès aux contrats intérimaires, rapporte Les Echos. L’objectif est de rendre ces contrats plus attractifs et plus flexibles, tout en renforçant le dialogue social dans les TPE (très petites entreprises). Les congés payés pourraient également être affectés, notamment par la monétisation de la cinquième semaine, une mesure qui ferait grincer des dents chez certains syndicats.
Les syndicats n’ont pas tardé à exprimer leurs préoccupations face à ces annonces. La CGT et d’autres organisations de travailleurs craignent une dérégulation du marché du travail qui pourrait se traduire par une réduction des droits sociaux et des conditions de travail moins favorables. Ces syndicats estiment que cette réforme s’inscrit dans un contexte plus large de réduction des dépenses publiques et d’austérité, où les travailleurs risquent de porter seuls le poids des réformes nécessaires à la réduction de la dette publique.
Le rôle des syndicats et du gouvernement dans cette réforme
De leur côté, les partenaires patronaux semblent accueillir cette réforme avec une plus grande bienveillance, estimant que des mesures favorisant l’emploi et assouplissant le Code du travail pourront stimuler l’économie. Cependant, la question reste de savoir si ce projet saura réellement équilibrer les intérêts des travailleurs et des entreprises, ou s’il favorisera avant tout les intérêts économiques au détriment des acquis sociaux.
Le succès de cette réforme dépendra largement de la capacité du gouvernement à négocier avec les partenaires sociaux et à trouver des compromis sur des sujets aussi clivants que les conditions de travail et les droits des salariés. Le dialogue social sera donc crucial dans les mois à venir, mais les syndicats seront-ils prêts à cautionner des réformes qu’ils jugent trop néolibérales ?








