Le gouvernement français envisage de repousser de 14 à 18 ans l’âge de la revalorisation des allocations familiales versées à partir du deuxième enfant, une mesure qui, si elle est adoptée, pourrait engendrer des pertes substantielles pour certaines familles.
Comme indiqué dans notre précédent article, cette modification du seuil d’âge permettrait à l’État d’économiser environ 200 millions d’euros dès l’année prochaine. Actuellement, les familles bénéficient de revalorisations des allocations familiales dès que leur deuxième enfant atteint 14 ans, avec une aide mensuelle qui peut varier entre 18,88 euros et 75,53 euros, en fonction des revenus du foyer. Le projet du gouvernement consiste à repousser cette revalorisation à 18 ans, ce qui signifie que les familles concernées par cette mesure ne bénéficieront plus de la majoration des allocations familiales pour leurs enfants de 14 à 17 ans.
Les familles les plus touchées par ce rabot des allocations familiales
Les familles dont les enfants de plus de 14 ans bénéficient actuellement de la majoration des allocations familiales risquent de perdre une somme importante chaque année si cette mesure est mise en place. Pour les foyers dont les revenus sont inférieurs ou égaux à 78 565 euros par an, la perte serait particulièrement frappante. Par exemple, une famille ayant deux enfants de plus de 14 ans recevrait actuellement une allocation totale de 226,58 euros par mois. Si le seuil de revalorisation est repoussé à 18 ans, la famille perdrait 906,36 euros chaque année, soit une perte de près de 10 % de son allocation familiale.
Les familles ayant des revenus compris entre 78 565 euros et 104 719 euros par an subiraient une perte de 453,24 euros par an, tandis que celles dont les revenus sont supérieurs à 104 719 euros verraient une réduction de 226,56 euros de leurs allocations annuelles. Ces chiffres montrent à quel point cette mesure pourrait affecter les foyers aux revenus moyens et modestes, qui comptent souvent sur ces aides pour faire face aux dépenses supplémentaires liées à l’éducation et à l’entretien des enfants âgés de 14 à 18 ans.
Des pertes encore plus importantes pour les familles nombreuses
Les familles ayant trois enfants ou plus seront également lourdement impactées par cette décision. Si une famille avec trois enfants, dont au moins un a plus de 14 ans, perçoit actuellement 571,15 euros par mois d’allocations familiales, la perte annuelle pourrait atteindre jusqu’à 2 719,08 euros, si la revalorisation est retardée. Pour des foyers avec des revenus plus élevés, la perte serait également significative : environ 1 359,72 euros par an pour une famille ayant trois enfants et des revenus moyens, et jusqu’à 679,68 euros pour ceux avec des revenus supérieurs.
Cette mesure a suscité de vives critiques de la part des associations familiales. « Les familles ont absolument besoin de cette aide supplémentaire dès 14 ans« , a réagi Emilie Souplet, responsable du pôle éducation de l’association Familles de France, auprès de Franceinfo. Selon elle, un adolescent peut coûter jusqu’à 293 euros de plus chaque mois rien que pour l’alimentation, sans compter les autres dépenses liées à leur éducation, leurs loisirs et leurs besoins quotidiens. Retarder la revalorisation des allocations familiales, c’est donc un fardeau supplémentaire pour des foyers qui font déjà face à des coûts de plus en plus élevés.








