Le gouvernement veut taxer 13,7 millions de malades chroniques : la réforme qui choque

Une réforme des arrêts maladie de longue durée est en préparation, et des millions de ménages pourraient être impactés.

Publié le
Lecture : 2 min
Arrêts maladie
Le télétravail comme alternative aux arrêts maladie : ce qui pourrait changer. Crédit : Adobe Stock | Econostrum.info

Le gouvernement français envisage de modifier le régime fiscal des arrêts maladie longue durée en taxant les indemnités journalières versées aux malades. Si elle est adoptée, cette proposition pourrait alors bouleverser la vie de millions de Français touchés par des maladies chroniques ou graves.

Actuellement, les personnes souffrant d’une affection longue durée (ALD) bénéficient d’une exonération totale d’impôt sur les indemnités journalières versées par l’Assurance-maladie pendant leurs arrêts de travail. Cependant, selon le projet de budget 2026, cette exonération pourrait être supprimée ou réduite. Cette modification s’inscrit dans le cadre d’une révision des niches fiscales annoncée par le gouvernement, visant à simplifier le système fiscal.

Les 13,7 millions de Français concernés par cette réforme sont principalement des personnes atteintes de maladies chroniques comme le diabète, le cancer, ou la sclérose en plaques. Cette décision provient d’une recommandation de l’Inspection générale des finances (IGF) qui suggère d’assujettir partiellement ces indemnités à l’impôt sur le revenu. En 2024, un rapport de l’IGF avait déjà proposé de réexaminer ces exonérations fiscales, estimant qu’elles constitueraient une niche fiscale à réduire pour alléger la pression sur les finances publiques.

Les arrêts maladie longue durée et leurs conséquences financières

Les indemnités journalières sont perçues comme un soutien indispensable pour les malades de longue durée, leur permettant de compenser la perte de revenus due aux arrêts prolongés du travail. En l’absence de cette exonération fiscale, beaucoup de malades risquent de se retrouver dans une situation financière encore plus précaire. Les arrêts de travail prolongés peuvent déjà entraîner une baisse importante des revenus, et une imposition sur ces indemnités pourrait aggraver la situation de nombreux foyers fragilisés par la maladie.

Cette exonération, bien que perçue comme une aide importante pour ces malades, représente une forme de solidarité de l’État envers ceux qui ne peuvent travailler en raison de leur état de santé. La remise en cause de cette exonération soulève donc des inquiétudes parmi les associations de malades, qui craignent que cette mesure pénalise davantage ceux qui sont déjà en difficulté.

Une mesure controversée : simplification fiscale ou injustice sociale ?

Le gouvernement justifie cette réforme par un souhait de simplification du système fiscal et de rationalisation des aides publiques. En effet, il prévoit de réduire le nombre de niches fiscales, estimant que cela permettrait de rendre le système plus juste et plus efficace. Cependant, cette mesure pourrait devenir un point de friction politique majeur. Alors que l’exonération des indemnités maladie est perçue comme une aide essentielle pour les plus vulnérables, sa suppression pourrait remettre en question l’idée de solidarité envers les malades.

Les réactions à cette mesure sont partagées. D’un côté, les défenseurs de la réforme soutiennent qu’il est nécessaire de rationaliser le système fiscal pour éviter des dépenses publiques excessives. De l’autre, de nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer une forme d’injustice sociale, estimant que cette taxe toucherait les Français déjà les plus fragiles.

Les défis d’une réforme à venir

Si cette réforme se concrétise, elle pourrait bouleverser la vie de millions de personnes, notamment celles souffrant de maladies graves ou chroniques. En augmentant la pression fiscale sur les indemnités journalières, le gouvernement prend un risque en provoquant une mécontentement parmi des populations déjà fragilisées par leur état de santé. Les prochains mois seront cruciaux pour observer si cette mesure trouve un large soutien dans l’opinion publique et au sein du gouvernement.

Laisser un commentaire

Partages