Réduire l’accès à l’AME : une fausse économie pour l’Etat ?

Le gouvernement envisage de restreindre l’accès à l’Aide médicale de l’État (AME), une mesure qui risque de pénaliser les plus vulnérables.

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Réduire l'accès à l'AME : une fausse économie pour l'Etat ? - Crédit : Canva | Econostrum.info

Le gouvernement remet sur la table la proposition de réduire l’accès à l’Aide médicale de l’État (AME), comme l’avait suggéré le sénateur Vincent Delahaye le 9 juillet dernier. Or, selon l’experte en politiques de dépenses publiques Sarah McGrath, cette mesure risque de fragiliser le système de santé français.

Réduire l’accès à l’Aide médicale de l’État (AME) a pour unique but de permettre à l’État de réaliser des économies, compte tenu de la charge budgétaire qu’elle représente. En réalité, ce dispositif représente moins de 0,5 % des dépenses totales de santé en France. Dans le but de démontrer l’importance de cette aide, Sarah McGrath a évoqué les dispositifs mis en place dans d’autres pays pour faire face au coût exorbitant de la santé ainsi qu’au vieillissement de la population.

Elle cite notamment les Pays-Bas, qui proposent des visites préventives pour les seniors à leur domicile, ou encore l’Allemagne avec ses soins intensifs. Ces dispositifs permettent d’éviter les allers-retours fréquents à l’hôpital, qui représente un poste de dépense important pour le gouvernement. En France, si l’AME est réduite, les séjours à l’hôpital risquent de connaître une hausse importante, ce qui, finalement, ne permettra pas de réaliser l’économie budgétaire espérée.

L’AME est le seul dispositif qui permet aux sans-papiers d’accéder aux soins de santé.

Avec la réduction de l’AME, les sans-papiers risquent de se retrouver privés de soins de santé, étant donné qu’il s’agit de la seule aide qui leur permet d’accéder à cet avantage. Parmi ces personnes, nombreuses ont rejoint la France en situation régulière avant de perdre leur titre de séjour. D’autre part, l’économiste Sarah McGrath souligne les avantages de ce modèle.

« Grâce à cette mesure unique, les Français parvenaient à économiser l’argent du contribuable, à protéger la santé publique, à désengorger les services d’urgence et, surtout, à sauver des vies. L’AME incarnait à mes yeux ce que la France avait de meilleur : un raisonnement global, une vision de long terme et, surtout, des valeurs universelles assumées », a-t-elle déclaré dans une tribune du journal Le Monde.

Elle explique, d’autre part, que le rapport Delahaye n’a pas analysé les coûts que représente la réduction de l’accès à l’AME. « La véritable responsabilité budgétaire consiste à investir dans la prévention, le dépistage et l’accès à l’AME, afin que les 49 % de personnes éligibles qui n’en bénéficient pas aujourd’hui reçoivent les soins dont elles ont besoin bien avant de devoir se rendre à l’hôpital », a-t-elle estimé.

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