La récession en Allemagne menace la croissance française, déjà fragile en 2025. Le recul des échanges entre les deux pays affecte de nombreuses entreprises françaises, qui voient leur chiffre d’affaires baisser et leurs carnets de commandes se réduire. Face à cette situation, certaines industries cherchent des alternatives pour limiter les pertes.
L’Allemagne, premier partenaire commercial de la France, connaît une récession prolongée qui a des répercussions directes sur l’économie hexagonale. Heppner, une société de logistique spécialisée dans le transport entre les deux pays, a enregistré une baisse de 5,4 % des envois depuis l’Allemagne en un an, entraînant une perte de chiffre d’affaires de 6 %.
Ce ralentissement des échanges commerciaux impacte la croissance française, réduisant de 0,1 point le PIB hexagonal en 2025, selon les estimations des économistes. Si ce chiffre peut paraître faible, il est en réalité deux fois plus élevé que lors des crises précédentes, car cette récession touche principalement le secteur industriel et exportateur, qui joue un rôle clé dans les relations économiques entre les deux pays.
Les liens commerciaux entre la France et l’Allemagne sont profonds. En 2023, l’Allemagne a exporté 123 milliards d’euros de marchandises vers la France, tandis que la France a exporté 70 milliards d’euros vers son voisin. Ce partenariat est essentiel pour l’industrie française, notamment dans les domaines de l’automobile, de l’énergie et de la chimie.
Des fermetures d’usines et suppressions d’emplois en cascade
L’impact de la crise allemande se fait déjà sentir sur l’emploi en France, notamment dans les filiales de groupes allemands implantés sur le territoire. L’usine Bosch de Mondeville, qui emploie 400 salariés, a annoncé sa fermeture d’ici 2026, rapporte Le Monde. Une autre usine du même groupe, située à Marignier en Haute-Savoie, est également menacée, avec 174 emplois en péril.
Le secteur pharmaceutique n’est pas épargné. En octobre 2024, le géant allemand Bayer a annoncé la suppression de 152 postes en France. D’autres entreprises, comme la papeterie Stenpa en Meuse, placée en liquidation judiciaire, ou la miroiterie Flabeg dans le Bas-Rhin, connaissent des difficultés similaires.
Selon le cabinet Trendeo, les entreprises allemandes ont supprimé 2 618 emplois en France en 2024, contre 1 159 en 2023, soit plus du double. Cette tendance pourrait se poursuivre en 2025 si l’économie allemande ne redémarre pas rapidement.
Des investissements qui persistent en Allemagne malgré la crise
Malgré cette conjoncture défavorable, certains groupes allemands continuent d’investir en France, attirés par une main-d’œuvre qualifiée et des incitations économiques mises en place par le gouvernement. Mercedes-Benz a ainsi choisi la Lorraine pour implanter une usine de fabrication de bus électriques, tandis que Claas, constructeur de machines agricoles, a renforcé ses capacités de production au Mans.
Le groupe Hager, spécialisé dans les solutions électriques, a annoncé un investissement de 120 millions d’euros sur trois ans pour développer ses sites en Alsace, avec 500 recrutements prévus.
Ces projets montrent que, malgré la récession, l’attractivité de la France pour les entreprises allemandes demeure intacte. Le gouvernement français, de son côté, mise sur ces investissements pour stimuler l’emploi et compenser les pertes dans d’autres secteurs.
Une diversification nécessaire pour les entreprises françaises
Face à la baisse des échanges avec l’Allemagne, certaines entreprises françaises cherchent à réduire leur dépendance en se tournant vers d’autres marchés. C’est le cas de Zeiss Industrial Metrology, filiale française du groupe allemand Zeiss, qui subit une réduction des commandes en provenance d’Allemagne. Pour compenser cette baisse, l’entreprise investit dans de nouveaux secteurs comme l’aéronautique, les énergies renouvelables et la voiture électrique.
Cette stratégie de diversification est essentielle pour éviter une aggravation de la crise. De nombreuses entreprises françaises explorent de nouveaux débouchés en renforçant leurs exportations vers d’autres pays européens ou en se tournant vers des marchés émergents.
Si la récession allemande se prolonge, cette adaptation sera déterminante pour limiter les pertes d’emplois et préserver la compétitivité des entreprises françaises. Dans un contexte de ralentissement économique global, la capacité des entreprises à se repositionner sur de nouveaux secteurs et marchés sera un facteur clé pour éviter une aggravation de la situation économique en France.