La population française traverse un tournant démographique majeur, avec plus de décès que de naissances pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale. Cette situation, survenue plus tôt que prévu, soulève des interrogations sur l’avenir de la population d’ici 2070. Quelles seront les conséquences de ce phénomène sur la société et l’économie ?
Les projections démographiques des chercheurs prévoient que la population française pourrait atteindre 69 à 70 millions d’habitants en 2040, grâce à un léger apport démographique dû à l’immigration. Toutefois, à partir de cette date, la France pourrait connaître un déclin progressif de sa population, qui atteindrait 68 millions d’ici 2070. Cette diminution de la population est directement liée à la fin de la génération du baby-boom et au solde naturel déficitaire, qui pourrait atteindre -256 000 personnes vers 2060.
Les décès continueront d’augmenter en raison de l’âge avancé des générations précédentes, tandis que les naissances, bien que légèrement en hausse dans les prochaines décennies, ne suffiront pas à compenser cette tendance, indique l’Institut national d’études démographiques (Ined) et rapporté par 20 Minutes.
Le vieillissement démographique : une population de plus en plus âgée
Un des changements les plus marquants dans cette projection est le vieillissement de la population. En 2021, les 65 ans et plus représentaient environ 21 % de la population, mais ce chiffre pourrait atteindre 29 % en 2070. La population âgée de 75 à 84 ans et les plus de 85 ans verront leur proportion augmenter considérablement, passant de 9,5 % en 2021 à 17,8 % en 2070. En parallèle, la population active (de 20 à 64 ans) devrait diminuer, passant de 55,4 % à 50,9 % de la population totale, créant un déséquilibre entre les actifs et les retraités.
Cette évolution démographique soulève des défis majeurs pour les finances publiques et le système de protection sociale. Le vieillissement de la population entraînera une augmentation des dépenses publiques, notamment pour le financement des retraites, des soins de santé, et de l’aide sociale. Pour faire face à ce défi, des solutions comme le recul de l’âge de départ à la retraite, l’augmentation des impôts, ou encore l’immigration sont envisagées. Cependant, ces mesures suscitent des débats politiques et sociaux, notamment sur la gestion de l’immigration et sur la répartition des ressources entre les générations.
Trois solutions pour pallier la diminution de la population active
L’économiste Maxime Sbaihi évoque trois pistes pour compenser le manque de main-d’œuvre et répondre à la dénatalité : la procréation, l’immigration, et la robotisation. Bien que la procréation puisse augmenter la population à long terme, elle reste une solution difficile à mettre en œuvre à court terme. L’immigration constitue une réponse immédiate aux besoins de main-d’œuvre, mais elle reste une solution délicate à gérer d’un point de vue social et politique.
Enfin, la robotisation, bien qu’elle présente un potentiel économique, ne pourra pas compenser la demande humaine dans de nombreux secteurs, notamment ceux qui nécessitent des compétences sociales et émotionnelles.








