Les prix des carburants devront connaitre de nouvelles fluctuations les prochains jours. En effet, les cours du pétrole ont reculé de plus de 3 % ce lundi 5 mai après l’annonce d’une augmentation inattendue de la production par huit pays membres de l’OPEP+. Cette décision intervient alors que les prix du brut sont déjà faibles, et que les marchés s’attendaient à un maintien des limitations en vigueur. Cette baisse des prix devra avoir des répercussions sur l’économie française, notamment en ce qui concerne le coût de l’énergie en général et ceux des carburants en particulier.
L’Organisation des pays exportateurs de pétrole, élargie à ses alliés sous l’appellation OPEP+, a confirmé samedi qu’elle relancerait sa production à un rythme plus soutenu à partir du mois de juin. Au total, huit pays – l’Arabie saoudite, la Russie, l’Irak, les Émirats arabes unis, le Koweït, le Kazakhstan, l’Algérie et Oman – vont produire 411 000 barils par jour, soit bien au-delà des 137 000 barils initialement prévus.
Ce revirement stratégique intervient après plusieurs mois de baisse volontaire de l’offre. Depuis 2016, l’OPEP+ ajuste régulièrement ses volumes pour soutenir les prix. Mais le contexte actuel semble avoir poussé certains États à revoir leurs priorités. La décision a provoqué un repli immédiat des cours sur les marchés asiatiques : le baril de WTI a chuté à 57,19 dollars, et celui de Brent à 60,22 dollars, soit des pertes respectives de 3,7 % et 3,4 %.

Une stratégie orientée vers la reconquête du marché
Selon plusieurs analystes, ce changement de cap pourrait signaler une volonté de reconquête des parts de marché perdues ces dernières années. Certains pays producteurs souhaitent manifestement relancer leurs exportations malgré des cours dégradés. Pour Jorge Leon, de Rystad Energy, cette décision marque un tournant : le groupe renonce à sa politique de restriction pour retrouver une position dominante dans un marché devenu très concurrentiel.
L’analyste évoque aussi une possible manœuvre diplomatique à l’égard des États-Unis. Le président américain Donald Trump, tout juste entré en fonction, a réclamé à l’Arabie saoudite une production accrue afin de faire baisser les prix à la pompe. La hausse annoncée pourrait ainsi servir à répondre à cette demande tout en affaiblissant les producteurs indépendants américains, plus sensibles aux fluctuations du marché.
Les pays concernés avaient déjà entamé un relâchement progressif des restrictions en avril. Cette nouvelle étape confirme un changement de tempo et fragilise les équilibres de prix mis en place depuis plusieurs années. Reste à savoir si cette hausse de l’offre se traduira par une baisse durable des prix ou si elle entraînera de nouvelles tensions entre producteurs. Les semaines à venir s’annoncent décisives pour le marché mondial du pétrole.
Des effets positifs pour les automobilistes avec la chute des prix des carburants
Cette chute des prix du pétrole est une bonne nouvelle pour l’économie française où les importations d’énergie pèsent lourd dans le déficit commercial. Elle est particulièrement réjouissante pour les automobilistes avec la chute des prix des carburants.
Le recul du baril se répercute partiellement sur les prix des carburants à la pompe. Fin avril, le prix du litre de gazole s’élevait à 1,57 euro, son plus bas niveau depuis fin 2021. Même si seulement 40 % du prix à la pompe dépend du pétrole brut — le reste étant composé de taxes stables —, cette diminution reste appréciable pour les particuliers comme pour les entreprises, notamment celles fortement consommatrices d’énergie.
Des voix s’élèvent déjà pour espérer une stabilisation à 1,50 euro le litre dans les mois à venir, une possibilité qui s’approche avec cette nouvelle hausse de la production qui tire les prix du pétrole vers le bas.








