Prix de l’électricité : préparez-vous à une facture plus salée en 2026 avec la suppression de l’ARENH

La fin de l’ARENH au 1ᵉʳ janvier 2026 pourrait faire bondir la facture d’électricité des ménages.

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Électricité
Prix de l'électricité 2026 : les Français risquent de payer beaucoup plus cher avec la suppression de l'ARENH - Crédit : Canva | Econostrum.info

Les ménages risquent de découvrir une mauvaise surprise sur leur facture d’électricité dès le 1ᵉʳ janvier. Après plusieurs années de bouclier tarifaire et de prix régulés, le marché de l’énergie s’apprête à changer en profondeur. En cause : la disparition d’un dispositif mis en place en 2011, qui limitait en partie les effets de la flambée des prix.

Depuis plus d’une décennie, l’accès régulé à l’électricité nucléaire historique (ARENH) obligeait EDF à céder un quart de sa production nucléaire à bas prix à ses concurrents et à certains industriels. Ce système, conçu pour répondre aux exigences de concurrence de l’Union européenne, permettait de contenir les tarifs pour les particuliers. Mais à partir du 31 décembre 2025, EDF retrouvera la liberté de vendre toute son électricité sur les marchés au prix du moment. 

Cette réforme, souhaitée par l’État et validée en 2023, vise à donner à EDF les moyens de financer la relance du nucléaire français. Mais pour les consommateurs, elle pourrait se traduire par une facture bien plus salée.

Des prix d’électricité plus volatils 

Sans l’ARENH, les fournisseurs alternatifs devront désormais s’approvisionner directement sur les marchés de gros, où les tarifs peuvent varier fortement selon la demande et les tensions géopolitiques. Autrement dit, les foyers seront davantage exposés aux aléas du marché européen de l’électricité.

Pour limiter la casse, un nouveau mécanisme baptisé versement nucléaire universel (VNU) doit entrer en vigueur au même moment. Son principe : EDF vendra sa production au prix du marché, mais ses revenus seront taxés au-delà d’un certain seuil. Ces recettes seront ensuite redistribuées sous forme de réductions appliquées directement sur les factures.

Problème : plusieurs députés, dont Philippe Bolo (MoDem) et Maxime Laisney (LFI), estiment que ce seuil de taxation a été placé « trop haut » pour garantir une réelle protection aux consommateurs. « C’est un parapluie placé trop haut et percé de toutes parts », a résumé Maxime Laisney lors de la présentation d’un rapport parlementaire publié le 9 octobre. Selon eux, la réforme risque d’exposer davantage les ménages à la volatilité des prix, tout en offrant peu de garanties de redistribution concrète.

Depuis février, l’UFC-Que Choisir avait déjà tiré la sonnette d’alarme, évoquant une hausse moyenne de 250 euros par an pour un foyer type. Le gouvernement avait alors contesté ces chiffres, tout en reconnaissant que la fin du bouclier tarifaire et la libéralisation du marché rendraient les tarifs plus incertains.

Un amendement déposé par les députés LFI, soutenu par le RN, a d’ailleurs été adopté en commission des finances pour tenter d’encadrer davantage les prix et supprimer le VNU. Le texte prévoit de capter les revenus des producteurs d’électricité au-delà d’une marge fixée à 3,5 % et de revoir le calcul des tarifs réglementés pour qu’ils reflètent mieux les coûts réels de production.

Reste à savoir si cette proposition sera adoptée dans l’hémicycle. En attendant, une chose est sûre : après plusieurs années de protection face aux chocs énergétiques, les Français pourraient voir leur facture repartir à la hausse dès janvier 2026.

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