La prime d’activité, aide mensuelle destinée à compléter les revenus d’activité des travailleurs modestes, évolue à partir de ce 1er avril. Deux ajustements ont été introduits par décret : une revalorisation de 1,7 % du montant forfaitaire et une réduction du pourcentage de revenus professionnels pris en compte dans le calcul. Ce double changement vise à ajuster la prestation aux réalités économiques actuelles tout en régulant son coût budgétaire.
Le montant forfaitaire de la prime d’activité constitue la base du calcul de l’aide. À compter d’aujourd’hui, il s’élève à 633,21 euros par mois, contre 622,63 euros auparavant. À Mayotte, il atteint 316,61 euros. Ce montant est susceptible d’être majoré selon la composition du foyer : une personne supplémentaire dans le foyer augmente le forfait de 50 %, la deuxième de 30 %, et les suivantes de 40 % si le foyer compte plus de deux enfants ou jeunes à charge. Les parents isolés bénéficient d’une majoration spécifique de 128,412 %.
Une modification du pourcentage de revenus professionnels pris en compte dans le calcul de la prime d’activité
Jusqu’à présent, 61 % des revenus professionnels du foyer étaient pris en compte dans la formule de calcul de la prime d’activité. Depuis ce 1er avril, cette proportion est abaissée à 59,85 %, selon l’article D843-3 du Code de la sécurité sociale modifié par décret, indique Moneyvox. Ce paramètre technique peut faire évoluer à la hausse ou à la baisse le montant final perçu.
Ce changement a pour effet de réduire légèrement l’assiette de calcul, notamment pour les foyers actifs dont les revenus sont proches du plafond d’éligibilité. Dans certains cas, cela pourrait entraîner une diminution du montant mensuel versé, voire une perte de droit si les seuils sont dépassés. À l’inverse, pour des bénéficiaires plus éloignés des plafonds, l’impact reste marginal.
Depuis le 1er mars 2025, la déclaration trimestrielle de ressources est pré-remplie par la CAF grâce au « montant net social », une donnée désormais visible sur les bulletins de paie et les relevés de prestations sociales. Cette automatisation vise à réduire les erreurs de déclaration et à sécuriser le calcul des droits.
Des effets différenciés selon les profils
Le nouvel équilibre entre hausse du forfait et baisse du taux appliqué aux revenus professionnels reflète une volonté d’ajustement fin du dispositif. Si les foyers à revenus modestes pourraient bénéficier d’un maintien voire d’une légère hausse de leur prime, les allocataires en activité proche du plafond risquent un ajustement à la baisse. Cette réforme intervient dans un contexte de maîtrise budgétaire des prestations sociales, tout en maintenant l’objectif d’incitation à l’activité.