Budget : la France devra assister à sa première « cure d’austérité » depuis 1983, alerte le directeur de BPI France

La France se dirige vers une cure d’austérité historique pour réduire son déficit public.

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La France devra assister à sa première « cure d'austérité » depuis 1983, selon le directeur de BPI France Nicolas Dufourq - Crédit : Canva | Econostrum.info

La France traverse une crise budgétaire sans précédent, due au déficit public qui ne cesse de croître. Face à une telle situation, Nicolas Dufourcq, le directeur général de la banque publique d’investissement Bpifrance, estime que la France devra vivre sa première « cure d’austérité » depuis 42 ans.

Selon le directeur général de Bpifrance, « on n’a jamais été en austérité budgétaire depuis 1983 », a-t-il indiqué lors de son entretien avec BFMTV Business ce lundi 7 juillet. Malgré les nombreuses crises qu’a dû surmonter le pays, notamment l’inflation, la guerre en Ukraine et la pandémie du Covid-19, c’est pour la première fois qu’il est sur le point de traverser une austérité budgétaire depuis les années 1980.

En l’absence de mesures budgétaires efficaces pour réduire la dette publique, le déficit risque d’augmenter davantage. Rappelons que le gouvernement a prévu d’annoncer de nouvelles orientations budgétaires le 15 juillet, avec l’objectif d’économiser 40 milliards d’euros dans le cadre de la gestion du budget 2026. Le but étant de réduire le déficit budgétaire à 5,4% du PIB en 2025 contre 5,8% du PIB en 2024 et de l’abaisser jusqu’à 4,6% en 2026.

En quoi consiste la cure d’austérité évoquée par Nicolas Dufourcq ?

« L’austérité, c’est assez simple. Il y a 60% de dépenses sociales, donc l’austérité », explique Nicolas Dufourcq, évoquant les dépenses de la retraite et de la santé. Une solution également évoquée par la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin en mai, lorsqu’elle a été interrogée à propos de la mise en place d’une année blanche.

« Je pense qu’il y aura une pause sur certaines dépenses. (…) Dans la situation où nous sommes, ralentir la dépense, c’est essentiel », avait-elle déclaré. Par conséquent, la cure d’austérité consistera à geler momentanément certaines dépenses devenues une lourde charge pour les finances de l’État.

Un effort budgétaire de 150 milliards d’euros

D’après le directeur général de Bpifrance, réduire les dépenses sociales ne serait « qu’un petit début », a-t-il déclaré à BFMTV Business. Et d’ajouter : « Parce que pour rétablir ce qu’on appelle le solde primaire, c’est-à-dire le moment où la dette cesse d’augmenter, il faut 150 milliards. ». La situation de la France devient de plus en plus critique au fil des mois.

Le pays risque de perdre sa souveraineté avec la hausse du déficit public. Comme l’a déclaré le ministre de l’Économie Éric Lombard au cours des Rencontres économiques d’Aix qui se sont déroulées le vendredi 4 juillet, la France « emprunte désormais plus cher que l’Italie ».

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