La Fage sonne l’alarme sur la précarité étudiante : des milliers d’étudiants sautent des repas chaque semaine

Le dernier baromètre de la FAGE (Fédération des associations générales étudiantes) met en lumière une réalité préoccupante : de nombreux étudiants en France sont toujours confrontés à la précarité et continuent de sauter des repas. Cette situation, exacerbée par la crise sanitaire de 2020, n’a pas véritablement évolué. Alors que certains dispositifs comme les repas à 1 euro sont en place, ils ne suffisent pas à couvrir tous les étudiants dans le besoin. La FAGE appelle à une réforme des bourses et une généralisation des repas à bas prix pour contrer cette situation.

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Une étudiante, visiblement stressée et fatiguée, se tient la tête pendant un examen, illustrant les effets de la précarité étudiante sur le bien-être mental.
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Les étudiants en France connaissent toujours une précarité alarmante, avec des difficultés financières qui se répercutent sur leur alimentation et, par conséquent, sur leur réussite académique. Quelles solutions sont proposées pour pallier cette précarité croissante et garantir une meilleure sécurité alimentaire aux étudiants ?

La Fage a mené son deuxième baromètre de la précarité étudiante en février 2025, avec un constat sans appel : 63 % des étudiants bénéficiaires des épiceries solidaires sautent des repas chaque semaine. Ce chiffre illustre la gravité de la situation. Bien que l’aide alimentaire, comme les banques alimentaires ou les distributions solidaires, soit une bouée de sauvetage, elle ne fait qu’atténuer temporairement les effets d’une précarité persistante.

De plus, la précarité alimentaire touche particulièrement les étudiants non boursiers, qui représentent plus de la moitié des bénéficiaires des distributions. La situation reste particulièrement compliquée pour ceux qui n’ont pas accès à des résidences universitaires abordables ou ne perçoivent pas les APL (Aides personnalisées au logement). La FAGE insiste sur le fait que cette précarité alimentaire impacte directement la réussite académique, car étudier avec l’estomac vide rend impossible une concentration optimale.

L’alimentation, première variable d’ajustement pour les étudiants précaires

La FAGE souligne que l’alimentation est souvent la première variable d’ajustement pour les étudiants précaires. Faute de pouvoir compter sur une aide financière suffisante, beaucoup d’entre eux réduisent leur budget alimentaire pour pouvoir payer des factures ou leur logement, qui représentent des coûts disproportionnés par rapport à leurs revenus.

D’autres encore choisissent de baisser le chauffage ou de se priver de certains besoins de base pour tenter de boucler leurs fins de mois. Selon l’enquête, 70 % des étudiants qui cumulent un emploi en parallèle de leurs études admettent que cela a un impact négatif sur leur réussite académique. Le paradoxe réside dans le fait que ces jeunes doivent travailler davantage pour pouvoir financer leurs études, mais leur travail se fait au détriment de leur épanouissement académique.

Des solutions à l’horizon : repas à 1 euro et réformes nécessaires

Face à cette situation, des solutions sont évoquées par la FAGE et les acteurs solidaires. Le dispositif des repas à 1 euro dans les restaurants universitaires est l’une des propositions clés pour soutenir les étudiants précaires. Ce programme, qui avait été élargi durant la crise sanitaire de 2020, avait permis de réduire la demande d’aide alimentaire. Mais seulement 350 000 étudiants en ont profité l’année dernière, loin de couvrir l’ensemble des étudiants dans le besoin. La généralisation de ce repas à 1 euro à tous les étudiants est l’une des principales demandes formulées par les associations.

Les députés ont récemment adopté une proposition de loi qui vise à élargir ce programme. Toutefois, cette mesure doit encore passer par le Sénat, et la mise en œuvre pourrait prendre du temps. La FAGE milite aussi pour une réforme plus large du système des bourses, afin d’adapter les barèmes aux réalités économiques des étudiants, notamment en prenant en compte les disparités géographiques, comme la vie à Paris qui est bien plus coûteuse que dans d’autres régions.

Un avenir incertain : la crainte d’une aggravation de la précarité étudiante

Le second volet de la réforme des bourses tarde à se mettre en place, et les étudiants s’inquiètent des perspectives pour les années à venir. Le système actuel, jugé insuffisant, n’empêche pas l’aggravation de la précarité étudiante, et certains redoutent une augmentation des frais d’inscription à l’université ou des loyers dans les résidences universitaires. Cela risquerait de rendre l’accès à l’enseignement supérieur encore plus difficile, notamment pour les étudiants issus de milieux modestes.

Selon le baromètre de FAGE rapporté par nos confrères de Ouest-France, il est urgent d’adopter des mesures plus ambitieuses et de réadapter le soutien aux étudiants pour qu’ils puissent mener à bien leurs études sans être paralysés par la précarité. Les gouvernements successifs doivent maintenant prendre en compte la réalité des étudiants qui, au-delà de leur ambition académique, sont confrontés à des défis financiers de plus en plus lourds à surmonter.

La précarité étudiante, un enjeu pour l’avenir de l’enseignement supérieur

La précarité alimentaire chez les étudiants reste un problème majeur qui affecte non seulement leur bien-être, mais aussi leur réussite académique. Des dispositifs comme les repas à 1 euro et une réforme des bourses plus adaptée sont des réponses nécessaires pour soutenir les étudiants en difficulté. La FAGE et ses partenaires appellent donc à une action rapide et efficace pour garantir à tous les étudiants un accès équitable à l’éducation, sans que leur situation financière ne soit un frein.

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