Pouvoir d’achat : l’alimentaire ne doit pas payer le prix de la crise économique, avertit l’ANIA

Les prix des produits alimentaires sont au cœur des négociations entre la grande distribution et l’industrie agroalimentaire. Face à la hausse des coûts de production, les industriels défendent des répercussions « justifiées », tandis que les enseignes appellent à préserver le pouvoir d’achat des Français. L’Association nationale des industries alimentaires (ANIA) alerte sur l’impact de ces tensions pour les entreprises et les consommateurs.

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Un caddie plein pour illustrer le pouvoir d'achat des français
Pouvoir d'achat : l'alimentaire ne doit pas payer le prix de la crise économique, avertit l'ANIA | Econostrum.info

Les prix alimentaires, au centre des négociations entre industriels et grande distribution, reflètent une tension croissante entre la préservation du pouvoir d’achat et la survie des entreprises. L’ANIA appelle à un partage équitable des efforts pour garantir compétitivité et accessibilité des produits.

Les négociations commerciales de 2025 interviennent dans un contexte marqué par des augmentations significatives des coûts de production, notamment pour le beurre, le cacao, le café et les jus d’orange. Jean-François Loiseau, président de l’ANIA, explique que ces hausses résultent de facteurs internationaux tels que la guerre en Ukraine et l’inflation énergétique. Ces ajustements sont nécessaires pour garantir la pérennité des entreprises agroalimentaires, grandes ou petites, affirme-t-il, ajoutant que l’industrie subit une pression continue depuis 15 ans.

La grande distribution face à la défense du pouvoir d’achat

Du côté des enseignes de grande distribution, la résistance à ces hausses est ferme. Certaines, comme les Mousquetaires, dénoncent des augmentations allant jusqu’à 8 % sur certains produits. L’ANIA rétorque que la distribution a longtemps profité de marges importantes grâce à une politique de déflation dans l’alimentaire. Pour les industriels, ce n’est plus tenable, car les augmentations salariales, les coûts logistiques et les hausses fiscales doivent être répercutés pour assurer la compétitivité des filières.

L’ANIA appelle également le gouvernement à agir pour soutenir les entreprises agroalimentaires, en réduisant les charges sociales et patronales. Selon Jean-François Loiseau, cette mesure permettrait d’accroître les salaires et donc le pouvoir d’achat des consommateurs sans peser exclusivement sur les prix à la consommation. « Je ne pense pas que ce soit l’alimentaire qui doive être la variable d’ajustement du pouvoir d’achat des Français », martèle-t-il sur France Info, demandant une intervention plus large pour alléger la pression fiscale et sociale qui freine les entreprises.

Des négociations sous tension

Le président de l’ANIA souligne que l’agroalimentaire français a perdu en compétitivité depuis les années 2000, bien avant les crises récentes. Pour regagner des parts de marché et dynamiser la filière, il prône une meilleure valorisation des produits locaux et une modernisation des filières. Cette vision, selon lui, devrait se traduire par un partage équitable des efforts entre les différents maillons de la chaîne.

Au cœur de ces échanges se trouve l’équilibre fragile entre soutenir les entreprises face à des coûts croissants et préserver le pouvoir d’achat des Français. Alors que la situation reste tendue, l’ANIA insiste sur la nécessité d’une coopération entre les industriels, la grande distribution et l’État pour éviter des conséquences néfastes sur l’emploi et la compétitivité.

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