3 119 postes de fonctionnaires seront supprimés : mais qui est vraiment concerné ?

 Sur les 3 119 postes supprimés, plus de la moitié concernent des salariés de droit privé travaillant pour des organismes publics, et non de véritables fonctionnaires.

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Fonctionnaires
3 119 postes de fonctionnaires seront supprimés : mais qui est vraiment concerné ?Crédit : Stock Adobe | Econostrum.info

Le gouvernement a annoncé la suppression de 3 119 postes de fonctionnaires dans le projet de budget 2026. Mais derrière ce chiffre se cache une réalité trompeuse : une grande partie de ces suppressions concerne des salariés de droit privé travaillant pour des organismes publics, et non de véritables fonctionnaires.

Sur les 3 119 postes supprimés, 1 735 concernent les opérateurs et agences de l’État, comme les caisses de sécurité sociale. Or, ces salariés sont régis par le droit privé, même s’ils travaillent pour des missions de service public. Ainsi, le solde réel des fonctionnaires au statut est en fait positif : 6 724 postes supplémentaires sont prévus, notamment dans l’Éducation nationale, l’Intérieur et la Justice.

Certaines administrations verront leurs budgets et effectifs réduits. Le ministère du Travail perd environ 1 000 postes et 2,5 milliards d’euros. Les primes pour l’embauche d’apprentis et les exonérations sociales seront réduites, ce qui pourrait compliquer le recrutement des jeunes.  Ça nous donne moins envie et moins la possibilité d’aller chercher de l’alternance et des apprentis. Mais après, on le fait toujours », se désole Quentin Vitale, PDG d’une PME, cité par France Info.

Apprentis pénalisés, ministères stratégiques renforcés

Les jeunes apprentis devront également faire face à des moins-values sur leur salaire net, la fin des aides au permis de conduire et des exonérations sociales. À l’inverse, certains ministères sont renforcés. Le ministère des Armées reçoit 6,7 milliards supplémentaires et 830 postes créés, pour moderniser ses équipements et renforcer la sécurité face aux menaces internationales, explique le général Vincent Desportes. La Police, la gendarmerie et la Justice verront également leurs effectifs progresser avec 1 450 postes supplémentaires.

Même si le chiffre de 3 119 suppressions peut sembler élevé, il reste limité face à l’ensemble de la fonction publique, qui représente 21 % de l’emploi total en France, soit environ 30 millions de travailleurs. Maintenir ce rythme chaque année suffirait à peine à atteindre la moyenne de l’OCDE en 255 ans. L’effet est donc davantage symbolique que réel.

Le projet de budget 2026 combine symbolisme et stratégie. Certaines administrations perdent des moyens, tandis que d’autres sont renforcées. La comptabilisation des postes inclut des salariés de droit privé, ce qui relativise l’impact réel sur les fonctionnaires. Cette mesure vise surtout à envoyer un signal politique sur la volonté de contrôler les dépenses publiques, tout en préservant les secteurs prioritaires.

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