Les PFAS, polluants éternels, contaminent désormais nos aliments, des poissons aux œufs. Une étude de l’ONG Générations futures révèle une présence inquiétante de ces substances chimiques dans notre alimentation, mettant en lumière une menace invisible pour la santé publique.
L’ONG Générations futures a publié, le 19 juin 2025, un rapport alarmant concernant la contamination de l’alimentation européenne par les PFAS (substances perfluorées). Ces polluants chimiques, surnommés « éternels » en raison de leur persistance dans l’environnement, sont retrouvés dans une large gamme d’aliments courants. Selon le rapport, 69% des poissons, 39% des œufs, 23% des laits et même une proportion importante d’abats et de viandes contiennent des traces de PFAS.
L’étude a compilé des données européennes de pays tels que la France, l’Allemagne, les Pays-Bas et le Danemark. Les résultats montrent une contamination généralisée qui soulève de sérieuses préoccupations quant à la sécurité alimentaire et la santé des consommateurs. Ces polluants proviennent principalement des activités industrielles qui rejettent des PFAS dans l’air, l’eau et le sol. Par la suite, ces substances sont absorbées par les végétaux, puis entrent dans la chaîne alimentaire, affectant ainsi les animaux et, en fin de compte, les humains.
Des limites réglementaires inadaptées
Malgré cette contamination, les limites réglementaires des PFAS dans les aliments semblent insuffisantes pour protéger la santé publique. Le rapport de Générations futures dénonce des seuils trop élevés, qui ne permettent pas de garantir une consommation sans risque. Par exemple, dans le cas des poissons, les limites actuelles peuvent amener à dépasser la dose hebdomadaire tolérable pour un enfant de 11 ans avec seulement 100 g de poisson.
Le rapport souligne également une incohérence flagrante dans les règles de régulation, où les limites varient considérablement d’un aliment à l’autre. Ainsi, un kilo de thon peut contenir jusqu’à 2 microgrammes de PFAS, tandis que pour l’anchois, cette limite monte à 45 microgrammes par kilo. De même, les abats de gibier, tels que le foie, ont des limites de PFAS six fois plus élevées que celles des abats d’animaux d’élevage. Ce genre d’incohérence soulève des questions sur l’efficacité réelle de la réglementation en matière de sécurité alimentaire.
Des appels à une surveillance renforcée contre les polluants éternels
Face à cette situation alarmante, Générations futures appelle à une révision urgente des normes et à un renforcement de la surveillance des PFAS dans tous les produits alimentaires. Bien que les poissons, les abats et les viandes aient fait l’objet de tests, l’ONG déplore l’absence de limites sur les fruits, légumes, céréales et produits laitiers, qui représentent une part majeure de notre alimentation. L’ONG pointe aussi le fait que les nourrissons et les enfants en bas âge, des groupes particulièrement vulnérables, ne bénéficient d’aucune protection spécifique, alors qu’ils sont parmi les plus exposés à ces substances.
Les conclusions de l’ONG ne laissent pas de place au doute : les réglementations en place sont insuffisantes, et les autorités sanitaires doivent réagir. François Veillerette, porte-parole de Générations futures, a exprimé sa frustration face à la lenteur de la mise en place de mesures plus strictes, soulignant que des raisons économiques pourraient expliquer ces seuils trop élevés. Il appelle à une révision des réglementations afin d’adopter des seuils basés non pas sur des considérations économiques, mais sur des préoccupations sanitaires. À l’heure actuelle, ces limites semblent avant tout dictées par des considérations de rentabilité plutôt que par la protection de la santé publique.
La situation des PFAS dans nos aliments pose une question fondamentale : est-ce que les autorités sont prêtes à revoir leur politique face à une menace invisible qui pourrait toucher des millions de citoyens, notamment les plus vulnérables ? Il est urgent que les responsables politiques et sanitaires prennent des mesures pour garantir une alimentation sûre, débarrassée de ces polluants éternels.








