Gel des pensions, travailler plus… : les pistes envisagées par l’État pour financer la défense

L’État explore plusieurs mesures pour financer l’augmentation du budget de la défense, impliquant des sacrifices pour les Français.

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Défense
Gel des pensions, travailler plus… Les pistes envisagées par l'État pour financer la défense. Crédit : AFP | Econostrum.info

Emmanuel Macron a annoncé une accélération de l’augmentation du budget de la défense, une décision ambitieuse, mais qui pose une question cruciale : qui va payer cette hausse des dépenses ? Si des leviers financiers sont envisagés, le poids de cet effort pourrait reposer sur l’ensemble des Français. 

L’objectif de ce financement accru est de renforcer la capacité militaire du pays, mais pour y parvenir, plusieurs sources de financement sont envisagées. Selon Thomas Gassilloud, député Renaissance du Rhône, l’effort sera financé grâce à trois leviers principaux : le financement privé, l’Europe, et les économies au sein du budget national, indique RMC.

Ces solutions permettent de mobiliser des ressources externes et de mieux répartir l’effort financier. Toutefois, ce sont bien les citoyens français qui devront porter le poids principal de cet effort. En effet, le député souligne que « l’effort sera demandé à chaque Français », signifiant que cet investissement national dans la défense ne se fera pas sans sacrifices.

Des mesures touchant directement les Français

Pour financer ce projet ambitieux, plusieurs réformes sont envisagées. Le gel des pensions de retraite et des prestations sociales est une des mesures les plus discutées. Ces mesures affecteraient directement une large part de la population, notamment les retraités et les bénéficiaires d’aides sociales, déjà fragilisés par des années de restrictions budgétaires.

Cette approche vise à limiter l’impact des dépenses publiques tout en renforçant les moyens de la défense nationale. Plus controversée encore, la proposition de travailler certains jours fériés afin de générer plus de production et d’activité. Si cette option est validée, elle pourrait entraîner des protestations et des grèves de la part des travailleurs qui devront sacrifier leurs jours de repos pour soutenir cette politique de défense.

Les entreprises et les plus grands patrimoines appelés à contribuer pour financer la défense

Une autre mesure qui suscite des débats est la mise en place d’une sur-taxe exceptionnelle sur les grandes entreprises et les très gros patrimoines. Ces entités, jugées capables de contribuer davantage à l’effort national, devraient donc être mises à contribution de manière plus marquée. Ces mesures visent à faire en sorte que les plus grandes fortunes et les entreprises réalisant d’importants profits financent une part plus conséquente de l’augmentation des dépenses de défense.

Dans le cadre de ces réformes, les chômeurs et les malades chroniques pourraient également être concernés par des restrictions dans leurs indemnités et la prise en charge de leurs soins. Le gouvernement qualifie ces mesures d’une « potion amère », soulignant qu’elles sont nécessaires pour équilibrer les finances publiques et répondre aux besoins sécuritaires du pays. Toutefois, elles risquent d’accentuer les inégalités sociales et de renforcer les tensions entre les classes populaires et les classes dirigeantes.

L’annonce de ces réformes met les autorités françaises dans une position délicate. D’un côté, elles doivent tenir leurs engagements en matière de défense et répondre aux enjeux géopolitiques du moment. De l’autre, elles doivent ménager les classes populaires et éviter de provoquer un mécontentement social trop important. Le gouvernement devra donc naviguer entre ces deux impératifs, avec des mesures difficiles à mettre en œuvre et à justifier.

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