Le prix du pétrole connaît une progression depuis le début du conflit au Moyen-Orient ce qui a impacté les tarifs des carburants. Le baril de Brent, référence internationale pour le pétrole, a dépassé les 100 dollars lors de deux séances consécutives sur les marchés. Dans ce contexte, certains analystes évoquent la possibilité d’une hausse supplémentaire des cours.
Selon les données de marché, le Brent est passé de 72,48 dollars le 27 février à 103,14 dollars à la clôture du vendredi 13 mars. Sur la même période, le baril américain West Texas Intermediate (WTI) atteint 98,71 dollars. L’augmentation intervient dans un contexte de tensions sur l’approvisionnement énergétique liées à la situation géopolitique dans la région du Golfe.

Interrogé le samedi 14 mars sur la station de radio RMC, Philippe Chalmin, économiste spécialiste des matières premières et professeur à l’Université Paris-Dauphine, évoque un déséquilibre entre l’offre et la demande. Il déclare : « Le marché se retrouve à peu près déficitaire aujourd’hui de 12 à 15 millions de barils ». Les tensions concernent notamment le détroit d’Ormuz, passage maritime situé entre l’Iran et Oman. Cette zone constitue une route de transport importante pour les hydrocarbures exportés par plusieurs pays producteurs du Golfe.
Un marché pétrolier dépendant de l’évolution du conflit et impacte durement les tarifs des carburants
Le détroit d’Ormuz joue un rôle central dans le commerce mondial du pétrole. Selon Philippe Chalmin, une part importante des exportations de la région transite par cette voie maritime. Il précise : « En temps normal, toute la production, presque toute la production, de l’Arabie Saoudite, des Émirats, de l’Irak, du Koweït, de Bahreïn, et bien entendu de l’Iran, passent par le détroit d’Ormuz, c’est-à-dire à peu près 20 millions de barils chaque jour, ce qui représente à peu près 20% de la consommation mondiale ».
Le président des États-Unis Donald Trump a annoncé que la marine américaine allait commencer « très bientôt » à escorter des pétroliers dans cette zone maritime. Cette décision intervient dans un contexte de perturbations liées au conflit en cours. Face à cette situation, plusieurs acteurs du secteur pétrolier évoquent différents scénarios pour l’évolution des cours. Philippe Chalmin indique : « Je pense que personne ne peut prévoir. Il faut simplement se préparer à une chose, c’est que si le conflit dure, les tensions sur le marché vont s’amplifier. Et le scénario à 150 dollars le baril est moins exclu qu’il ne l’était il y a une dizaine de jours ».
Il ajoute également : « Le cours du baril et toutes les prévisions que l’on peut faire en ce domaine sont totalement suspendus à savoir ce qui va se passer, c’est-à-dire l’enlisement du conflit ou non ». En France, la hausse des prix du carburant fait l’objet d’un suivi par les autorités. La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), administration chargée de contrôler les pratiques commerciales et la protection des consommateurs, a indiqué que plus de 630 stations-service ont été contrôlées dans le cadre du dispositif mis en place par le gouvernement. Selon cette administration, environ 5 % des stations contrôlées ont fait l’objet de sanctions.
Sur la station RMC, Francis Pousse, président du syndicat professionnel Mobilians, organisation représentant les stations-service en France, déclare : « Vu le coût du marché aujourd’hui, je ne vois pas comment on pourrait arriver à des baisses substantielles sur le coût du carburant dans les jours à venir ». Il faut noter que les prix des carburants dépendent de ceux du pétrole, la flambée de l’or noir se répercute sur les carburants d’où les appels à mettre en place des aides pour les plus vulnérables.








