« Nous sommes volontaires pour être les suivants » : Le Parti socialiste se déclare prêt à succéder à François Bayrou

Le parti socialiste qui ne votera pas la confiance à François Bayrou ambitionne qu’un de ses membres devienne Premier ministre en cas de chute de l’actuel.

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« Nous sommes volontaires pour être les suivants » : Le Parti socialiste se déclare prêt à succéder à François Bayrou. Crédit : GUILLAUME SOUVANT / AFP | Econostrum.info

Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste (PS), a déclaré le 29 août que sa formation ne voterait pas la confiance au gouvernement dirigé par François Bayrou. Cette prise de position intervient alors qu’Emmanuel Macron appelle à un compromis budgétaire et continue de soutenir le Premier ministre en place.

Lors des universités d’été organisées à Blois, Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste a précisé la position de son parti en ces termes : « Nous n’accorderons pas notre confiance à ce gouvernement » et à son budget « inacceptable ». Il a ajouté : « Nous sommes volontaires pour être les suivants », mettant en avant une gouvernance différente, qui reposerait selon lui sur « l’engagement de ne pas utiliser le 49,3, ce qui mécaniquement nous obligera à trouver des compromis texte par texte ». Le dirigeant socialiste a indiqué qu’« il appartient désormais » au président de la République « de répondre à cette proposition », rappelant que « c’est à lui seul de nommer un Premier ministre ».

Emmanuel Macron a pour sa part qualifié l’hypothèse d’une dissolution de « politique fiction », affirmant que selon lui, un compromis budgétaire « n’est pas insurmontable » avant le 8 septembre. Il a encouragé les partis à rechercher « des chemins d’accord » et a renouvelé son appui à François Bayrou, considérant qu’il avait « raison de mettre en responsabilités les forces politiques face à l’endettement du pays ». Concernant sa propre position, le chef de l’État a indiqué : « Le mandat qui m’a été confié par les Français (…) sera exercé jusqu’à son terme ».

État des consultations politiques et calendrier annoncé

Le Premier ministre François Bayrou a déclaré vendredi matin, lors de l’inauguration de la Foire de Châlons-en-Champagne, que la dette actuelle plaçait la jeunesse en « esclavage ». Il a ainsi justifié sa demande de confiance devant l’Assemblée nationale en mettant l’accent sur la situation des finances publiques et les efforts attendus à partir de 2026. Il doit accorder une interview à quatre chaînes d’information en continu dimanche à 18h00.

Parmi les formations politiques, le Parti socialiste n’est pas seul à annoncer qu’il votera contre la confiance. Le Rassemblement national, les Insoumis et les autres partis de gauche partagent cette orientation. Le Parti socialiste a confirmé sa participation aux consultations lancées par le chef du gouvernement. L’objectif affiché est de présenter « un autre chemin et une autre méthode ». Ces discussions doivent se tenir dans les jours suivants à Matignon.

En revanche, La France insoumise et les Écologistes ont fait savoir qu’ils ne se rendraient pas à ces échanges. Les communistes ont confirmé leur présence lundi après-midi. Le Rassemblement national sera représenté mardi matin par Jordan Bardella et Marine Le Pen. Les partis de la majorité présidentielle, dont Renaissance, Horizons et Les Républicains, sont attendus mardi après-midi. Les autres groupes parlementaires, dont Liot, l’UDI ou UDR, seront reçus mercredi et jeudi.

 

Positionnements divergents entre le Parti Socialiste et les autres partis de gauche

Le Parti socialiste doit présenter samedi ses propres pistes budgétaires, avec une orientation différente de celle défendue par François Bayrou. L’effort envisagé serait inférieur aux 44 milliards d’euros annoncés par le gouvernement, et concentré sur les plus hauts revenus ainsi que sur les grandes entreprises. Plusieurs formations politiques de gauche, parmi lesquelles les Écologistes, les communistes, Générations ou d’ex-membres de La France insoumise, sont présentes à Blois dans une volonté de coordination.

Marine Tondelier, secrétaire nationale d’Europe Écologie Les Verts, a déclaré qu’Emmanuel Macron « n’a pas d’autre choix que de nous nommer ». Raphaël Glucksmann, président de Place publique, reste plus en retrait de cette initiative commune. Il maintient sa trajectoire autonome, notamment en vue de l’échéance présidentielle de 2027.

Jean-Luc Mélenchon, fondateur de La France insoumise, a rejeté l’idée d’un soutien même indirect à une autre majorité. Lors d’une conférence tenue à Paris, il a déclaré : « Nous ne soutiendrons aucun autre gouvernement que le nôtre », ajoutant : « Si M. Macron choisit un type pour remplacer M. Bayrou, on le cloue tout de suite ». Il a également dénoncé les « opportunistes qui sortent de sous les cailloux pour dire ‘je veux être Premier ministre’ » et affirmé : « Le but, c’est qu’il s’en aille et qu’on ait une élection présidentielle anticipée ».

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