Au niveau des parkings situés autour de l’aéroport d’Orly, plusieurs voyageurs découvrent avec stupeur que leurs voitures ont été utilisées à leur insu pendant leur absence. Des écarts de kilométrage inexpliqués, des amendes et même des dégradations sont signalés. Une enquête met en lumière des pratiques préoccupantes.
Robert, un habitant du Nord, pensait avoir trouvé une solution économique pour stationner son SUV près de l’aéroport d’Orly. En réservant via Parkos, il choisit un parking privé à Athis-Mons affichant de bons avis et des tarifs attractifs : 84 euros pour 15 jours, bien en dessous des 150 à 311 euros demandés par les parkings officiels d’ADP.
Mais à son retour, mauvaise surprise. Le compteur affiche 750 kilomètres de plus. L’employé du parking lui oppose un silence gêné. En portant plainte, il découvre que d’autres voyageurs ont vécu la même situation. Certains ont retrouvé leur voiture avec des PV de stationnement, des excès de vitesse, et même des traces d’usage intensif, rapporte Le Parisien.
Des plateformes de réservation aux avis trompeurs
Sur Google, les témoignages de clients lésés abondent, dénonçant des pratiques similaires. Pourtant, sur les plateformes de réservation comme Parkos et Allopark, les avis restent plutôt positifs. Certains parkings affichent même des notes dépassant 7,5 sur 10, malgré des signalements de véhicules déplacés sans autorisation et de dégâts matériels.
Jade, une autre cliente, a retrouvé son véhicule avec 223 kilomètres supplémentaires et des roues changées. Son garagiste a confirmé que les jantes ne correspondaient plus à celles d’origine, indique Le Parisien. Pour d’autres, des traces de nourriture, des cendres de cigarette et des odeurs suspectes laissent penser à un usage intensif du véhicule pendant leur absence.
Une utilisation difficile à tracer
Les raisons de ces détournements restent floues. Selon la police, ces véhicules pourraient être utilisés pour des courses VTC clandestines, du transport de marchandises ou des déplacements personnels des employés du parking. Certains véhicules ont été retrouvés avec des sièges enfant ou des sacs personnels laissés à l’intérieur, suggérant qu’ils auraient pu être prêtés à d’autres clients.
Didier, un autre client, avait laissé sa voiture équipée d’un traceur GPS. À distance, il a pu suivre son Ford Ranger parcourir plus de 400 kilomètres en une semaine, sillonnant plusieurs communes de l’Essonne. Malgré ses appels au parking, les trajets ont continué jusqu’à son retour. Lorsqu’il récupère son véhicule, il découvre un flanc brûlé et un intérieur couvert de cendres et de canettes de soda.
Face à ces abus, de nombreuses plaintes ont été enregistrées dans les commissariats proches d’Orly. Pourtant, les plateformes de réservation refusent toute responsabilité. Les responsables de Parkos et Allopark expliquent qu’ils ne sont qu’un intermédiaire entre les clients et les parkings et qu’ils ne peuvent être tenus responsables. Ces entreprises, basées aux Pays-Bas, assurent toutefois enquêter sur leurs partenaires et retirer ceux qui accumulent trop de plaintes.
Comment choisir des parkings fiables ?
Pour éviter ces mésaventures, les voyageurs doivent redoubler de vigilance avant de confier leur voiture à un parking privé. Vérifier les avis Google au-delà des notes affichées sur les plateformes de réservation permet d’identifier les établissements douteux. Prendre une photo du compteur et de l’état du véhicule avant de le déposer est une précaution supplémentaire. Éviter de laisser les clés si le service ne l’exige pas limite les risques d’utilisation abusive.
L’ampleur du phénomène pourrait conduire à une régulation plus stricte des parkings privés aux abords des aéroports. En attendant, les voyageurs doivent rester prudents pour éviter de voir leur véhicule utilisé à leur insu.








