Les compagnies aériennes opérant à l’aéroport Paris-Orly sont régulièrement sanctionnées pour ne pas respecter les règles strictes imposées pour limiter le bruit et préserver la tranquillité des riverains. Entre couvre-feu dépassé et trajectoires non conformes, ces infractions font l’objet de lourdes amendes.
Le couvre-feu de Paris-Orly, instauré en 1968, interdit les décollages après 23h15. Pourtant, de nombreuses compagnies aériennes continuent de violer cette règle, malgré l’impact direct sur les riverains. Récemment, la compagnie Corsair a été condamnée à une amende de 40 000 euros, le maximum autorisé, après qu’un de ses avions ait décollé à 00h02 en juin 2024. Cette infraction est une illustration de la difficulté pour certaines compagnies, notamment les low-cost, de respecter les horaires stricts de décollage imposés par les autorités.
L’Autorité de contrôle des nuisances aéroportuaires (Acnusa), qui supervise le respect de ces normes, veille sans relâche au respect du couvre-feu. Les sanctions s’appliquent également pour des violations de trajectoires, lorsque les avions sortent de leur Volume de Protection Environnementale (VPE), un périmètre qui empêche le survol de zones urbaines particulièrement denses. Chaque infraction est scrutée de près par les membres de l’Acnusa, qui, selon leur président Pierre Monzani, s’efforcent de juger équitablement chaque cas tout en protégeant la qualité de vie des riverains, rapporte Le Parisien.
Les compagnies aériennes les plus sanctionnées
Les compagnies aériennes les plus sanctionnées sont principalement des compagnies low-cost, qui cumulent les infractions en raison de leur faible coût opérationnel et de leurs horaires plus flexibles. Parmi celles-ci, Vueling arrive en tête avec 12 sanctions en trois ans, dont six pour dépassement du VPE et cinq pour avoir violé le couvre-feu. L’amende totale pour cette compagnie s’élève à 292 000 euros. En deuxième position se trouve EasyJet, qui a accumulé huit amendes principalement pour des vols ayant décollé trop tard, totalisant une facture de 179 000 euros.
Transavia, quant à elle, arrive troisième avec sept sanctions, pour un montant total de 160 000 euros. Ces amendes, bien que dissuasives, représentent des sommes significatives par rapport aux faibles marges bénéficiaires de ces compagnies, qui gagnent entre 4 et 8 euros par siège occupé. Les compagnies aériennes commencent à prendre ces sanctions au sérieux et à mettre en œuvre des mesures pour éviter les infractions futures.
Des mesures pour éviter les infractions
Face à l’ampleur des sanctions, certaines compagnies aériennes commencent à prendre des mesures concrètes pour respecter les règles du couvre-feu. Transavia, par exemple, a renforcé ses procédures internes pour limiter les vols tardifs, tandis qu’EasyJet a mis en place une politique de redirection des vols vers l’aéroport Charles-de-Gaulle plutôt que de risquer une infraction. Les deux compagnies ont également investi dans des outils d’intelligence artificielle pour mieux gérer les horaires de leurs vols et éviter les dépassements du couvre-feu.
De son côté, Vueling, bien qu’ayant été sanctionnée à plusieurs reprises, se défend en soulignant que ces violations représentent un pourcentage faible par rapport au volume global de ses vols à Paris-Orly, et qu’aucune nouvelle infraction n’a été enregistrée en 2024. Malgré tout, la compagnie a annoncé qu’elle avait renforcé ses actions pour limiter ce type d’incidents.
L’impact des nuisances aériennes sur les riverains de l’aéroport Paris-Orly
Les infractions aux règles de l’aéroport Paris-Orly affectent directement les riverains, qui subissent le bruit des avions en décollage, notamment la nuit. Le réseau des associations de riverains d’Orly (Drapo) souligne que de nombreux dépassements du couvre-feu ne sont pas systématiquement sanctionnés, car des dérogations sont parfois accordées par la Direction générale de l’aviation civile (DGAC). Cela soulève la question de la transparence et de l’efficacité du contrôle des nuisances aériennes.
Pierre Monzani, le président de l’Acnusa, admet que les pilotes peuvent parfois se justifier en expliquant avoir eu l’autorisation des aiguilleurs du ciel, mais il insiste sur le fait qu’il est crucial d’intégrer davantage les considérations environnementales dans les instructions données par le contrôle aérien, comme cela se fait dans d’autres pays comme l’Allemagne.








