Le paysage fiscal des jeux d’argent en France pourrait changer dès 2025. Une note du Conseil des prélèvements obligatoires (CPO), publiée récemment, propose des réformes visant à taxer davantage les gains, les publicités, et à harmoniser les prélèvements en fonction des types de jeux. Ces mesures, si adoptées, modifieraient profondément la fiscalité de cette industrie lucrative.
Taxe sur les gains supérieurs à 500 euros
Parmi les propositions phares figure l’introduction d’une taxe sur les gains dépassant 500 euros. Actuellement, les gains issus des jeux tels que le Loto, les Euromillions, ou les jeux à gratter, sont exonérés d’imposition. Cette réforme pourrait rapporter jusqu’à un milliard d’euros par an à l’État.
Le CPO met également en lumière les disparités des taux de prélèvement selon les jeux. Il propose d’augmenter le taux effectif des paris sportifs de 46 % à 58 %, et celui du poker en ligne de 30 % à 46,3 %. À l’inverse, les paris hippiques, jugés moins addictifs, verraient leur prélèvement réduit à 26,5 %, contre 33 % actuellement. Ces ajustements visent à mieux aligner la fiscalité avec les caractéristiques spécifiques de chaque type de jeu.
Publicité et prévention des risques d’addiction
Outre les gains, la publicité liée aux jeux d’argent pourrait également être taxée. Ces campagnes massives, souvent ciblées vers les jeunes, sont accusées de renforcer les comportements addictifs. Selon le CPO, cette mesure aurait un double objectif : réduire l’impact des publicités sur les publics vulnérables tout en générant de nouvelles recettes fiscales.
La lutte contre l’addiction est un enjeu central de cette réforme. En France, environ 60 % des joueurs problématiques se retrouvent parmi les adeptes des paris sportifs et du poker, contre 30 % pour les jeux de grattage et le loto. Ces chiffres, dévoilés par le CPO, justifient selon l’organisme une taxation différenciée pour les jeux considérés comme les plus addictifs.
Pour une fiscalité plus claire et équilibrée
L’objectif global de ces propositions est de simplifier et d’harmoniser une fiscalité jugée actuellement « illisible ». Le secteur des jeux d’argent, qui rapporte plus de 7 milliards d’euros par an à l’État, reste soumis à des régimes fiscaux complexes et disparates. En clarifiant les règles, le gouvernement espère améliorer la collecte tout en réduisant les effets négatifs de ces pratiques.
Ces propositions, si elles sont adoptées, s’inscriraient dans une volonté d’équilibrer les besoins financiers de l’État et la nécessité de protéger les citoyens contre les risques liés aux jeux d’argent. Les discussions autour de ces réformes devraient s’intensifier en 2025, sous l’impulsion du nouveau gouvernement.