Un employé d’hôtel a exploité les failles du paiement sans contact pour détourner plusieurs milliers d’euros à Aix-en-Provence. Cette affaire soulève des questions sur la sécurité de ce mode de paiement de plus en plus répandu.
Le mode opératoire repose sur la discrétion. Le fraudeur effectuait des paiements de faible montant — environ 25 euros — lors du passage des clients à l’hôtel. Il agissait généralement lorsque les voyageurs laissaient leurs bagages à la réception, en consigne, ou simplement dans leur chambre.
Un simple passage du terminal à proximité d’un sac contenant une carte suffisait à valider la transaction. Les clients ne se doutaient de rien, d’autant plus que les montants débités passaient facilement inaperçus sur les relevés bancaires. Ce procédé a été répété à plus de 120 reprises, pour un préjudice total dépassant les 4 000 euros.
Un terminal de paiement acquis par usurpation
L’un des points clés de cette affaire réside dans la facilité avec laquelle l’auteur a obtenu un terminal de paiement (TPE). En principe, un tel appareil ne peut être délivré qu’à un professionnel déclaré, disposant d’un numéro de SIRET et de justificatifs commerciaux. Mais l’homme aurait usurpé l’identité d’un commerce existant pour contourner ces conditions.
Des commerçants interrogés confirment que l’achat de TPE en ligne est devenu très accessible, sans vérification systématique : « Il suffit de le commander, même pas besoin d’aller en boutique », affirme l’un d’eux à TF1. Cette affaire fait écho à d’autres cas rapportés, notamment dans les transports en commun.
Une utilisatrice du métro parisien avait constaté un retrait inexpliqué sur son compte après un trajet. Il s’est avéré qu’un individu muni d’un petit terminal l’avait frôlée et effectué un débit en quelques secondes. Ces incidents montrent que le risque est bien réel, surtout dans les lieux publics ou les zones de forte affluence.
Les recours et moyens de prévention contre ce genre d’arnaque
En cas de paiement frauduleux, la première étape est de contacter immédiatement sa banque. L’avocate Emma Leoty insiste sur l’importance de formaliser la contestation par écrit pour espérer un remboursement. Il existe également des accessoires de protection, comme des porte-cartes anti-RFID, capables de bloquer les signaux émis par les terminaux.
L’affaire d’Aix-en-Provence illustre la nécessité de réglementer plus strictement l’accès aux TPE et de sensibiliser le public aux dangers invisibles du paiement sans contact, dont la commodité peut masquer de véritables vulnérabilités. Elle rappelle que la confiance dans les outils numériques doit s’accompagner de garanties concrètes en matière de sécurité.








