Le Premier ministre Sébastien Lecornu, nommé le 9 septembre 2025, entame une semaine marquée par plusieurs échéances politiques et sociales. Lundi 29 septembre, il doit rencontrer les responsables des partis et groupes parlementaires du socle commun.
Ces échanges précèdent de nouvelles consultations programmées jeudi et vendredi, dans un contexte tendu par l’appel à une journée de mobilisation syndicale ce jeudi. La journée du 2 octobre sera la troisième mobilisation depuis la rentrée, après celles du 10 et du 18 septembre. L’intersyndicale, composée de la CFDT, la CGT, FO, la CFE-CGC, la CFTC, l’Unsa, la FSU et Solidaires, a exprimé sa déception après une rencontre avec le Premier ministre le 24 septembre.
Dans un communiqué, elle a affirmé que Sébastien Lecornu n’avait apporté « aucune réponse claire » aux revendications. Les syndicats demandent « l’abandon de l’ensemble du projet de budget », « la justice fiscale » ainsi que « l’abandon du recul de l’âge légal de départ à la retraite à 64 ans ».
Parallèlement, la session ordinaire de l’Assemblée nationale s’ouvre mercredi. La composition du gouvernement doit être annoncée prochainement, avant la présentation du projet de budget pour 2026 prévue à la mi-octobre. Le Premier ministre a déjà exposé ses premières orientations dans *Le Parisien*, réaffirmant la volonté de ramener le déficit public sous les 3 % du produit intérieur brut en 2029. Il a rejeté les principales demandes du Parti socialiste, comme la mise en place d’une taxe Zucman ou la suspension de la réforme des retraites. Le Parti socialiste a immédiatement prévenu : « Sans changement majeur d’orientation, nous censurerons ce gouvernement ».
Sébastien Lecornu devant les députés sous le spectre de la censure
Dans l’entourage présidentiel, certains responsables estiment que la déclaration de politique générale pourrait avoir lieu les 6 ou 7 octobre, mais d’autres n’excluent pas que Sébastien Lecornu choisisse de ne pas la prononcer, une option que des proches de Marine Le Pen considèrent comme une raison suffisante pour justifier une censure.
Le Rassemblement national, par la voix du député Jean-Philippe Tanguy, a rejeté l’idée d’un compromis sur l’Aide médicale d’État. Dans La Tribune Dimanche, il a déclaré : « On ne va pas accepter 200 millions d’euros d’économies sur l’immigration, contre 20 milliards d’euros d’efforts imposés aux honnêtes gens ».
Dans une tribune publiée le dimanche 28 septembre, 78 députés Renaissance, Horizons et MoDem ont affirmé qu’« un chemin existe » pour trouver un accord. Ils se sont dits prêts à discuter d’« un effort fiscal à demander aux plus fortunés » et de « justice sociale ».
À gauche, le groupe La France insoumise prévoit de déposer une motion de censure dès que le gouvernement sera officiellement formé. Une députée du mouvement a déclaré à l’AFP : « Si le 1ᵉʳ octobre le gouvernement est nommé, on (la) dépose tout de suite. S’il n’y a pas de gouvernement, on peut attendre qu’il y en ait un ».
La secrétaire nationale des Écologistes, Marine Tondelier, a affirmé samedi : « Aujourd’hui, on ne voit aucun autre scénario que la censure ». Le parti socialiste (PS) de son côté, menace également de déposer une motion de censure si la rencontre du vendredi prochain avec le premier ministre n’aboutisse pas à un accord.








