L’Europe fait face à un recul de la natalité. Le nombre de naissances dans l’Union européenne a atteint son plus bas niveau en 2023, selon les données publiées par Eurostat le vendredi 7 mars.
Avec 3,67 millions de bébés nés, la baisse atteint 5,4 % par rapport à 2022, marquant le plus fort recul annuel depuis 1961. Cette tendance s’inscrit dans un contexte de diminution généralisée de la fécondité sur le continent, où les populations vieillissantes et le retard des maternités modifient la dynamique démographique.
Le taux de fécondité moyen dans l’Union européenne est tombé à 1,38 enfant par femme en 2023, contre 1,46 l’année précédente, indique Eurostat dans cette étude. Ce chiffre est bien en deçà du seuil de renouvellement des générations, fixé à 2,1 enfants par femme. Plusieurs grands pays européens enregistrent des taux particulièrement bas, comme la Pologne (1,2), l’Italie (1,21) et l’Allemagne (1,39). Les pays les moins féconds sont Malte (1,06), l’Espagne (1,12) et la Lituanie (1,18).
Dans ce paysage de déclin généralisé, la France se distingue en restant l’un des pays les plus féconds de l’Union européenne, avec un taux de 1,66 enfant par femme. Elle est seulement dépassée par la Bulgarie (1,81) et suivie de près par la Hongrie (1,55). Toutefois, cette relative bonne position masque une tendance baissière observée depuis plusieurs années. L’âge moyen à la naissance du premier enfant a augmenté, passant de 28,8 ans en 2013 à 29,8 ans en 2023, traduisant un report des maternités.
Un risque économique lié à la baisse de la natalité
Cette chute de la natalité soulève des préoccupations économiques majeures. Une population vieillissante entraîne une réduction progressive de la main-d’œuvre active, ce qui pourrait ralentir la croissance et fragiliser des piliers du modèle social, comme les retraites. En France, les plus de 65 ans représentent désormais 21,8 % de la population, contre 16,3 % en 2005.
Selon les économistes, un maintien de la tendance actuelle pourrait limiter la croissance à 1 % par an d’ici 2035, un niveau insuffisant pour assurer la pérennité du modèle économique et social. De plus, la diminution du nombre d’actifs risque d’affecter des secteurs clés comme l’immobilier et la consommation.
Pour contrer ces effets, plusieurs pistes sont envisagées, notamment des politiques de soutien à la natalité, un meilleur accès aux services de garde d’enfants et une incitation à l’emploi des jeunes et des seniors. Sans mesures correctives, l’Europe pourrait se retrouver confrontée à un ralentissement économique durable, fragilisant son dynamisme face à d’autres régions du monde.








