Moustique tigre : explosion des cas de dengue et de chikungunya dans le Sud de la France

La propagation du moustique tigre dans le sud de la France entraîne une augmentation inquiétante des cas de dengue et de chikungunya.

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Moustique tigre : explosion des cas de dengue et de chikungunya dans le Sud de la France. Crédit : Canva | Econostrum.info

Le moustique tigre, porteur de la dengue et du chikungunya, se propage rapidement dans le sud de la France. Avec une explosion des cas en 2025, la menace d’une épidémie semble inévitable. 

Les chiffres de l’été 2025 sont frappants. À la date du 13 août, 49 cas de chikungunya ont été diagnostiqués en région Paca, dont 36 dans les Bouches-du-Rhône, et 6 cas de dengue, rapporte Actu.fr. Comparé à l’année précédente, où seulement deux cas de dengue avaient été signalés, cette augmentation est vertigineuse, atteignant une hausse de 2650 % en un an.

Ces chiffres révèlent une propagation rapide des maladies transmises par le moustique tigre, qui, après avoir été observé pour la première fois en France en 1999, s’est depuis largement installé dans la région. La situation est d’autant plus préoccupante qu’il n’existe pas encore de traitements spécifiques contre ces infections virales.

Un climat favorable à la prolifération du moustique tigre

Le réchauffement climatique semble jouer un rôle majeur dans cette crise. La météo spécifique de l’été 2025, marquée par des alternances de chaleur et de pluies orageuses, a créé des conditions idéales pour la reproduction du moustique tigre, particulièrement actif dans ces périodes. Selon Laurent Poumarat, responsable adjoint du département Santé environnement de l’ARS Paca, ces conditions ont favorisé la multiplication des moustiques Aedes albopictus, l’espèce responsable de la transmission de la dengue et du chikungunya.

Le moustique tigre, originaire d’Asie du Sud-Est, est désormais largement implanté dans le sud de la France et remonte même dans les Alpes, où il commence à se faire de plus en plus présent. Sa capacité à se déplacer et à infecter de nouvelles zones accentue le risque de propagation de ces maladies.

Le rôle crucial du diagnostic précoce

Pour l’instant, bien que la situation ne soit pas encore à l’échelle d’une épidémie, les autorités sanitaires mènent des opérations de démoustication autour des foyers identifiés pour éviter une contamination de masse. La détection précoce des cas est essentielle pour contrôler la situation. Les autorités appellent la population à consulter rapidement un médecin si des symptômes évocateurs apparaissent, notamment de la fièvre, des douleurs articulaires et musculaires, ou une éruption cutanée, afin de limiter les risques de nouvelles infections.

Les mesures de prévention sont également primordiales pour endiguer la propagation du moustique tigre. Il est essentiel de se protéger contre les piqûres en appliquant des répulsifs cutanés, notamment au matin et en fin de journée, lorsque le moustique est le plus actif. Pour les personnes vulnérables, comme les enfants ou les personnes alitées, l’utilisation de moustiquaires est fortement recommandée. Par ailleurs, les autorités incitent à vider les coupelles des plantes, à ranger les objets pouvant contenir de l’eau stagnante et à couvrir les réserves d’eau avec des moustiquaires ou des couvertures. Ces mesures visent à limiter les lieux de reproduction des moustiques.

Les autorités sanitaires, tout en gardant un certain optimisme, reconnaissent que l’épidémie semble inévitable. Laurent Poumarat, responsable à l’ARS, indique que bien qu’il ne soit pas possible de prédire avec certitude la date à laquelle l’épidémie éclatera, les préparatifs sont déjà en cours pour limiter les effets de cette éventualité. Il préconise un diagnostic précoce et une vigilance constante, soulignant l’importance des efforts collectifs pour contrôler la situation.

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