Les cours de l’or ont franchi un nouveau record historique lundi 6 octobre, dépassant pour la première fois le seuil des 3 900 dollars l’once. Cette progression est alimentée par la recherche de sécurité des investisseurs dans un contexte de fermeture partielle du gouvernement américain, d’incertitudes économiques persistantes et d’attentes de nouvelles baisses de taux de la Réserve fédérale américaine (Fed).
À 07h30 GMT, le cours du métal précieux au comptant progressait de 1,2 % pour atteindre 3 932,40 dollars l’once, après un pic à 3 944 dollars en début de séance. Les contrats à terme américains pour livraison en décembre suivaient la même tendance, en hausse de 1,2 % à 3 956,50 dollars.
Selon plusieurs observateurs, la hausse du métal précieux traduit un climat d’aversion au risque. La situation politique à Washington reste incertaine : un haut responsable de la Maison-Blanche a évoqué dimanche la possibilité de licenciements massifs de fonctionnaires fédéraux si le président des États-Unis, Donald Trump, considère que les discussions avec les démocrates du Congrès pour mettre fin à la fermeture du gouvernement « n’avancent absolument pas ».
La hausse du prix de l’or soutenu par les banques centrales et la baisse attendue des taux
L’analyste indépendant Ross Norman a indiqué que « des craintes persistent quant à la durée de la fermeture du gouvernement américain et à son impact potentiel sur la croissance des États-Unis ». Il souligne qu’un sentiment de prudence généralisé sur les marchés soutient la demande du métal jaune.
Depuis le début de l’année, le métal précieux a gagné près de 50 %. Cette progression est portée par les achats des banques centrales, la hausse des investissements dans les fonds cotés adossés au métal jaune, la faiblesse du dollar et l’intérêt accru des particuliers souhaitant se prémunir contre les tensions géopolitiques et commerciales.
Ross Norman précise que ce mouvement est « principalement mené par des investisseurs institutionnels à long terme et des banques centrales plutôt que par des spéculateurs », ce qui pourrait limiter l’ampleur d’une éventuelle correction.
Le gouverneur de la Réserve fédérale, Stephen Miran, a pour sa part réaffirmé vendredi la nécessité d’une baisse plus marquée des taux d’intérêt, invoquant les conséquences des politiques économiques de l’administration américaine. Selon les données du suivi FedWatch, les marchés anticipent une réduction de 25 points de base lors de la prochaine réunion de la Fed, puis une autre du même ordre en décembre.
Dans une note publiée lundi, la banque UBS a indiqué : « Nous voyons à la fois des raisons fondamentales et liées à la dynamique du marché pour que l’or poursuive sa hausse, et nous prévoyons désormais qu’il atteindra 4 200 dollars l’once d’ici la fin de l’année. »
Les autres métaux précieux ont également progressé. L’argent s’est apprécié de 1,5 % à 48,67 dollars l’once, un plus haut depuis plus de quatorze ans. Le platine a gagné 0,7 % à 1 616 dollars et le palladium 1,2 % à 1 276,10 dollars.








