Malgré sa note de crédit dégradée par Fitch, la France continue d’emprunter au même taux

L’agence de notation Fitch a abaissé la note de crédit de la France, mais les marchés obligataires n’ont pas montré de réaction.

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La baisse de la note de crédit de la France chez Fitch n'a pas eu d'impact sur les marchés obligataires - crédit : Reuters | Econostrum.info

La France a récemment assisté à la baisse de sa note de crédit par l’agence de notation financière américaine Fitch. Or, les marchés obligataires n’ont pas réagi à cette dégradation et la France continue d'emprunter à des taux identiques à ceux d’avant l’annonce.

Dans le détail, Fitch a réévalué la note de crédit de la France, l’abaissant de AA- à A+. Malgré cette décision, le taux d'emprunt ce lundi demeure identique à celui d’il y a trois jours, soit avant l’annonce de cette nouvelle note. Sur un délai de 10 ans, la France emprunte toujours à un taux de 3,50%. D’après le directeur des études économiques à l’IESEG School of Management, Eric Dor, cette situation n’a rien d’étonnant.

« Souvent, l’impact d’une dégradation est insignifiant parce que les investisseurs sur les marchés étaient déjà au courant des problèmes du pays concerné et en tenaient déjà compte pour déterminer le taux d’intérêt exigé sur ses obligations », a-t-il expliqué à BFMTV. À noter, d’autre part, que les marchés ont d’ores et déjà augmenté le taux d'emprunt de la France depuis l’an dernier, suite à la dissolution de l’Assemblée Nationale. Depuis, l’Hexagone emprunte plus cher que plusieurs de ses voisins européens, notamment la Grèce et l’Espagne.

L’impact de la baisse de la note de crédit sur le long terme 

Bien que la dégradation de la note de crédit de la France par Fitch ne constitue pas une menace actuellement, étant donné l’absence de réaction des marchés obligataires, la situation risque de s’aggraver sur le long terme. Si les incertitudes budgétaires et l’instabilité économique persistent en France, le pays risque de perdre peu à peu sa souveraineté auprès des investisseurs.

« Les acheteurs domestiques et étrangers ont une vision objective de la situation. Il n’y a pas de raison que les marchés ne nous sanctionnent pas », précise le chef analyste chez IG, Alexandre Baradez, à BFM Business. De son côté, le directeur général adjoint de Montpensier-Arbevel, Wilfrid Galand, estime que, pour l’heure, il y a un moindre risque que la France perde sa notoriété auprès des investisseurs.

« La vraie barrière pour les fonds est en général entre ‘simple A’ et ‘triple B’. On est encore très loin de ça puisque Fitch, même si elle nous a dégradés, garde une perspective stable », a-t-il déclaré. Il explique, d’autre part, que l’impact de la nouvelle notation de Fitch risque de devenir important si d’autres agences de notation décident, elles aussi, d’abaisser la note de la France.

« Il faut que S&P se soit prononcée parce que S&P, c’est un peu le baromètre absolu, le standard, c’est la plus grosse agence de notation », a-t-il expliqué. Les deux autres agences de notation, S&P et Moody’s, prévoient également de revoir leur note au cours des mois à venir. Pour la première, la révision est prévue le 28 novembre, tandis que la deuxième se déroulera le 24 octobre.

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