En raison de la rareté des logements et du prix exorbitant des loyers, de nombreux locataires ont recours à la falsification des documents réclamés par le propriétaire, dans le but d’assurer l’acceptation de leur dossier. Dans certaines régions, notamment à Paris, l’immobilier locatif est devenu très sélectif, ce qui pénalise les petits revenus.
D’après une enquête de l’institut Flashs pour la plateforme Zelok, spécialisée dans la réalisation de dossiers de demande de location, sur 2 000 locataires interrogés, 26 % affirment avoir dû fournir de faux documents pour obtenir le logement de leur choix. Cette étude, publiée le 4 septembre, révèle aussi que 16 % de ces locataires ont menti sur leur situation personnelle, prétendant qu’ils sont en couple pour rassurer le propriétaire. En effet, de nombreux bailleurs préfèrent louer à un couple, avec deux revenus, plutôt qu’à une personne célibataire avec une seule paie.
« Cette étude révèle à quel point l’accès au logement en France s’apparente aujourd’hui à un véritable parcours d’obstacles. La pression budgétaire et la rareté de l’offre poussent les locataires à multiplier les contournements, à enjoliver leurs dossiers. Les jeunes générations illustrent particulièrement cette adaptation pragmatique mais risquée », détaille Léa Paolacci, chargée d’études chez Flashs. La fraude aux dossiers de demande de location est particulièrement répandue chez les jeunes, en début de carrière ou encore les étudiants, qui sont la catégorie rencontrant le plus de difficultés d’accès au logement.
62 % des locataires affirment avoir dû subir des pratiques abusives pour obtenir le logement de leur choix
Alors que les locataires sont seulement 26 % à avoir eu recours à la fraude pour obtenir un logement, la part de propriétaires ayant reçu des dossiers comportant des documents falsifiés est de 58 %. De plus, 35 % d’entre eux affirment avoir vécu cette situation à de nombreuses reprises. Or, selon l’enquête de l’institut Flashs, rapportée par Capital, les propriétaires ont leur part de responsabilité dans ces fraudes.
Le marché de l’immobilier locatif devient très sélectif au niveau des grandes métropoles, empêchant ainsi les personnes aux revenus faibles à moyens de trouver un logement décent. De plus, les propriétaires sont devenus très exigeants et ont parfois recours à des pratiques abusives pour se prémunir contre les impayés. Certains réclament, par exemple, le paiement de plusieurs mensualités à l’avance ou le dépôt d’un acompte. 42 % des locataires sondés affirment qu’ils sont contraints d’accepter de subir ces abus, car autrement ils ne parviendraient pas à trouver de logement.








