Les épargnants ont déjà connu plusieurs baisses successives des taux de leurs livrets réglementés cette année. Le Livret A, le LDDS, le LEP ou encore le CEL ont tous vu leur rendement reculer, conséquence directe du ralentissement de l’inflation. Dans un contexte de restrictions budgétaires et de recherche d’économies par l’État, une nouvelle baisse se profile déjà pour le début de l’année 2026.
Les taux des livrets réglementés sont révisés deux fois par an, en fonction de l’inflation et du taux interbancaire à court terme, appelé €STR. Ces deux indicateurs étant en repli, la formule de calcul utilisée par la Banque de France devrait mécaniquement aboutir à une nouvelle diminution du rendement. L’inflation hors tabac se maintient autour de 0,9 %, un niveau très faible par rapport à celui observé l’année précédente. Parallèlement, la moyenne semestrielle de l’€STR pourrait tomber aux alentours de 1,80 % d’ici la fin décembre, contre plus de 2,4 % au premier semestre 2025.
Le taux du Livret A pourrait chuter à 1,4%
Ce double mouvement influe directement sur les taux des produits d’épargne. En appliquant la formule officielle, le taux technique du Livret A ressortirait à environ 1,4 % début 2026, contre 1,70 % actuellement, selon les estimations de Moneyvox. Cette baisse de 0,30 point serait certes moins marquée que celle de l’été 2025, mais elle confirmerait une tendance durable au ralentissement du rendement de l’épargne populaire. Le LDDS, indexé sur le même calcul, suivrait le même chemin.
Le LEP, réservé aux ménages les plus modestes, verrait lui aussi sa rémunération diminuer. Si le gouvernement décidait de conserver l’écart habituel d’un point entre le LEP et le Livret A, son taux passerait de 2,70 % à environ 2,40 %. Dans le cas d’une stricte application de la formule, il pourrait même descendre jusqu’à 1,90 %, selon les estimations de MoneyVox. Ces projections traduisent une nouvelle phase d’ajustement après deux fortes baisses déjà intervenues en 2025.
La baisse de la rémunération de l’épargne réglementée pour contenir la dépense publique
Il faut dire que cette évolution interviendra dans un contexte budgétaire tendu. Le gouvernement cherche à freiner la progression de la dette publique et à réduire les dépenses liées aux produits d’épargne réglementée, qui financent notamment le logement social. Une rémunération plus faible permet de contenir ces coûts, au détriment toutefois du pouvoir d’achat des ménages qui privilégient ces placements sécurisés.
Pour les épargnants, cette nouvelle correction signifie que les rendements des livrets réglementés continueront de s’éroder début 2026. Le Livret A et le LDDS resteraient des placements sûrs, mais de moins en moins attractifs. Quant au LEP, son taux, bien qu’encore supérieur, ne compenserait plus autant l’inflation qu’auparavant. Certains ménages pourraient donc chercher des alternatives temporaires, comme les livrets bancaires promotionnels ou les fonds d’épargne plus dynamiques, le temps que la conjoncture monétaire se stabilise.








